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Monsieur Waloumba parle très bien et toujours comme s’il était le chef. Il a le visage couvert de cicatrices qui sont des marques d’importance et lui permettent d’être très estimé dans sa tribu et de savoir de quoi il parle. Il vit toujours à Belleville et un jour j’irai le voir.
Il m’a montré un truc très utile à Madame Rosa, pour distinguer une perso
J’ai demandé à Monsieur Waloumba si on ne pouvait pas expédier Madame Rosa en Afrique dans sa tribu pour qu’elle jouisse là-bas avec les autres vieux des avantages dans lesquels on les tient. Monsieur Waloumba a beaucoup ri, car il a des dents très blanches, et ses frères de la tribu des éboueurs ont beaucoup ri aussi, ils ont parlé entre eux dans leur langue et après ils m’ont dit que la vie n’est pas aussi simple parce qu’elle exige des billets d’avion, de l’argent et des permis et que c’était à moi de m’occuper de Madame Rosa jusqu’à ce que mort s’ensuive. A ce moment-là, on a remarqué sur le visage de Madame Rosa un début d’intelligence et les frères de race de Monsieur Waloumba se sont vite levés et ont commencé à danser autour d’elle en battant les tambours et en chantant d’une voix pour réveiller les morts, ce qu’il est interdit de faire après dix heures du soir, à cause de l’ordre public et du sommeil du juste, mais il y a très peu de Français dans l’immeuble et ici ils sont moins furieux qu’ailleurs. Monsieur Waloumba lui-même a saisi son instrument de musique que je ne peux pas vous décrire parce qu’il est spécial, et Moïse et moi aussi on s’y est mis et on a tous commencé à danser et à hurler en rond autour de la Juive pour l’exorciser, car elle semblait do
Quand ils sont partis, Moïse et moi on a déshabillé Madame Rosa des pieds à la tête et on l’a nettoyée à l’eau de Javel parce qu’elle avait fait sous elle pendant son absence. Après on lui a poudré le cul avec du talc à bébés et on l’a remise en place dans son fauteuil où elle aimait régner. Elle a demandé un miroir et elle s’est refait une beauté. Elle savait très bien qu’elle avait des passages à vide mais elle essayait de prendre ça avec la bo
– Viens ici, Momo.
– Qu’est-ce qu’il y a ? Vous allez pas encore foutre le camp ?
– Non, j’espère que non, mais si ça continue, ils vont me mettre à l’hôpital. Je ne veux pas y aller. J’ai soixante-sept ans…
– Soixante-neuf.
– Enfin, soixante-huit, je ne suis pas aussi vieille que j’en ai l’air. Alors, écoute-moi, Momo. Je ne veux pas aller à l’hôpital. Ils vont me torturer.
– Madame Rosa, ne dites pas de co
– Ils vont me faire vivre de force, Momo. C’est ce qu’ils font toujours à l’hôpital, ils ont des lois pour ça. Je ne veux pas vivre plus que c’est nécessaire et ce n’est plus nécessaire. Il y a une limite même pour les Juifs. Ils vont me faire subir des sévices pour m’empêcher de mourir, ils ont un truc qui s’appelle l’Ordre des médecins qui est exprès pour ça. Ils vous en font baver jusqu’au bout et ils ne veulent pas vous do
– Promis, Madame Rosa.
– Khaïrem ?
– Khaïrem.
Ça veut dire chez eux « je vous jure », comme j’ai eu l’ho
Moi Madame Rosa je lui aurais promis n’importe quoi pour la rendre heureuse parce que même quand on est très vieux le bonheur peut encore servir, mais à ce moment on a so
On a so
– Madame Rosa, c’est bien ici ?
Il faut toujours être prudent dans ces cas-là parce que les gens que vous co
J’ai fait le con comme j’ai le droit à mon âge.