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Il y a des flics qui sont mariés et qui ont des gosses, je sais que ça existe. J’ai discuté une fois avec le Mahoute pour savoir comment c’est d’avoir un père flic, mais le Mahoute en a eu marre, il a dit que ça sert à rien de rêver et il est parti. C’est pas la peine de discuter avec les drogués, ils n’ont pas de curiosité.

Je me suis baladé encore un moment pour ne pas rentrer, en comptant combien il y avait de pas par trottoir, et il y en avait pour une fortune, j’avais même pas assez de place dans mes chiffres. Il restait encore du soleil. Un jour, j’irai à la campagne pour voir comment c’est fait. La mer aussi, ça pourrait m’intéresser, Monsieur Hamil en parle avec beaucoup d’estime. Je ne sais pas ce que je serais devenu sans Monsieur Hamil qui m’a appris tout ce que je sais. Il est venu en France avec un oncle quand il était môme et il est resté jeune très tôt quand son oncle est mort et malgré ça il a réussi à se qualifier. Maintenant il devient de plus en plus con mais c’est parce qu’on n’est pas prévu pour vivre si vieux. Le soleil avait l’air d’un clown jaune assis sur le toit. J’irai un jour à La Mecque, Monsieur Hamil dit qu’il y a là-bas plus de soleil que n’importe où, c’est la géographie qui veut ça. Mais je pense que pour le reste, La Mecque, c’est pas tellement ailleurs non plus. Je voudrais aller très loin dans un endroit plein d’autre chose et je cherche même pas à l’imaginer, pour ne pas le gâcher. On pourrait garder le soleil, les clowns et les chiens parce qu’on ne peut pas faire mieux dans le genre. Mais pour le reste, ce serait ni vu ni co

Il était cinq heures et je commençais à rentrer chez moi lorsque j’ai vu une blonde qui arrêtait sa mini sur le trottoir sous l’interdiction de statio

L’entrée de l’immeuble menait à un deuxième immeuble, plus petit à l’intérieur et dès que j’y suis entré, j’ai entendu des coups de feu, des freins qui grinçaient, une femme qui hurlait et un homme qui suppliait « Ne me tuez pas ! Ne me tuez pas ! » et j’ai même sauté en l’air tellement c’était trop près. Il y a eu tout de suite une rafale de mitraillette et l’homme a crié « Non ! », comme toujours lorsqu’on meurt sans plaisir. Ensuite il y a eu un silence encore plus affreux et c’est là que vous n’allez pas me croire. Tout a recommencé comme avant, avec le même mec qui ne voulait pas être tué parce qu’il avait ses raisons et la mitraillette qui ne l’écoutait pas. Il a recommencé trois fois à mourir malgré lui comme si c’était un salaud comme c’est pas permis et qu’il fallait le faire mourir trois fois pour l’exemple. Il y eut un nouveau silence pendant lequel il est resté mort et puis ils se sont acharnés sur lui une quatrième fois et une cinquième et à la fin il me faisait même pitié parce qu’enfin tout de même. Après ils l’ont laissé tranquille et il y eut une voix de femme qui a dit « mon amour, mon pauvre amour », mais d’une voix tellement émue et avec ses sentiments les plus sincères que j’en suis resté comme deux ronds de flan et pourtant je ne sais même pas ce que ça veut dire. Il n’y avait perso

La môme qui m’avait laissé tomber se tenait devant le micro au milieu de la salle, devant des fauteuils et quand tout s’est allumé, elle m’a vu. Il y avait trois ou quatre mecs dans les coins mais ils étaient pas armés. Je devais avoir l’air con la bouche ouverte, parce que tout le monde me regardait comme ça. La blonde m’a reco

– Mais c’est mon copain !

On était pas copains du tout mais j’allais pas discuter. Elle est venue vers moi et elle a regardé Arthur mais je savais bien que c’est moi qui l’intéressais. Les femmes me font marrer, des fois.

– Qu’est-ce que c’est ?

– C’est un vieux parapluie que j’ai renippé.

– Il est marrant, avec son costume, on dirait un fétiche. C’est ton copain ?

– Vous me prenez pour un demeuré, ou quoi ? C’est pas un copain, c’est un parapluie.

Elle a pris Arthur et elle a fait semblant de le regarder. Les autres aussi. La première chose que perso