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«Alors, il gagne bien sa vie, ce type-là, reprit-il. Et qu’est-ce qu’il fait?

– Je ne sais pas trop, dit M. Henri, qui, même ivre, gardait toujours le sens de la réalité. Il fait du commerce, dans les grains, je crois.

– Ah! En tout cas, il a une belle femme. Je le lui dirai la prochaine fois que je le verrai.

– Fais pas ça! s’exclama M. Henri. Il est capable de te casser la figure. Il l’aime, tu sais…

– Il en faudrait un autre que lui, pour me casser la figure», dit Lourges, orgueilleusement.

Et, machinalement, il se redressait, il bombait le torse, comme prêt à la lutte.

Mais M. Henri ne parut pas impressio

«Il est costaud aussi…»

Et Lourges sentit grandir en lui sa haine irraiso

D’ailleurs, Mme Jea

Le salon vidé, on éteignit les lumières. Mais Lourges n’était pas décidé à partir.

«J’ai des copains dans la police, dit-il. Vous attendez une visite, ce soir?

– Oui. Chaque fois qu’il y a une ronde par ici, ils vie

On laissa la porte de la rue entrebâillée. Et, tout étant éteint, on passa dans la cuisine. Là, Mme Jea

Tout de suite, Lourges reco

Mais aussitôt, Lourges eut des soupçons. Sylvain paraissait trop camarade avec César, c’était louche.

«Est-ce qu’il ferait aussi de la fraude? se demanda le douanier. Ce serait drôle.»

À la dérobée, il examinait le visage de l’homme, ne parvenait pas à le reco

Sylvain non plus n’avait jamais rencontré Lourges. Mais il le co

Ils n’eurent d’ailleurs pas le temps de s’examiner longtemps. La porte de la rue grinça sur ses gonds.

«Les voilà», dit Mme Jea

Et M. Henri courut bien vite faire de la lumière pour ces messieurs de la police. Les agents entraient, joyeux, contents de la bo

«Ça va la police? demanda le fraudeur.

– Mais oui. Et le tabac?

– Ça va aussi. Ce sacré Lourges, il n’a pas encore réussi à m’avoir.»

Tout le monde dut rire, Lourges le premier. Ce César, il savait prendre drôlement les choses. Et Lourges jeta décidément le masque, il commanda une tournée générale, et se mêla à la conversation sans plus de réticence. On était là en amis, la lutte était interrompue pour le moment, il serait bien temps de la reprendre demain.

De son coin, à la dérobée, Germaine regardait Lourges. Elle était tout contre l’épaule de Sylvain, elle se reposait là, dans un engourdissement heureux. Et cela lui semblait agréable, de regarder ce bel homme. Elle le trouvait superbe. Il émanait de lui une impression de force et d’assurance qui frappait la jeune femme. Des lointains bourbeux de sa vie d’aventures, elle avait gardé le respect de la vigueur musculaire. Malgré elle, un homme puissant lui faisait peur et l’attirait. Germaine se sentait devant lui sans résistance. Elle comprenait qu’elle ne pourrait que lui obéir et le suivre docilement, si jamais il devinait ce qui se passait en elle.

Lourges, lui aussi, regardait Germaine, de temps à autre. Décidément, elle lui plaisait. Amateur de femmes, il avait de ces situations une expérience déjà vieille. Son regard n’avait pas croisé trois fois celui de Germaine qu’il comprenait déjà qu’elle éprouvait pour lui un certain intérêt. Et cela lui do