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– Mademoiselle,-et il s'arrêta devant elle,-il faut que je vie

M. Lambois a pensé, et cet avis est le mien, qu'étant do

Effarée, la femme se leva.

– Mais, monsieur, je ne suis pas une bo

– Pardo

Elle demeura abasourdie par ce coup droit.

– Alors, comme ça, fit-elle, en suffoquant, vous me chassez sans argent, avec un enfant que je vais avoir.

– Du tout, mademoiselle, du tout; vous déplacez la question; je ne vous chasse point, en tant que maîtresse: je vous do

Sophie éclata en sanglots.

– Je l'ai pourtant soigné, j'ai passé les nuits, je le referais encore si c'était à refaire, car il m'aimait bien. Ah! lui, il avait bon cœur; il se serait plutôt privé de tout, que de me mettre dans la peine. Non, pour sûr, ce n'est pas lui qui aurait chassé une femme qu'il aurait mise enceinte!

Oh! cette question-là, nous la laisserons de côté, fit assez vivement le notaire. En admettant, comme vous le prétendez, que vous soyez grosse des œuvres de Jules, ce n'est pas, vous en conviendrez, à un homme de mon âge qu'il appartient de sonder les mystères de votre alcôve; je me récuse absolument pour cette besogne. Au fait, reprit-il, frappé d'une idée subite, vous êtes grosse de combien de mois?

– De quatre mois, monsieur.

Me Le Ponsart parut méditer. Quatre mois! mais Jules était déjà malade et, par conséquent, il devait s'abstenir, par raison de santé, de ces rapprochements que les perso

– Mais il n'était pas au lit il y a quatre mois, s'écria Sophie indignée de ces suppositions; le médecin n'était même pas venu… puis il m'aimait bien et…

Me Le Ponsart étendit la main.

– Bien, bien, fit-il, cela suffit, et, un peu vexé d'avoir fait fausse route et de n'avoir pu, avec le chiffre des mois, confondre la femme, il ajouta aigrement: Je me doutais déjà que des excès avaient dû causer la maladie et hâter la mort de Jules, maintenant, j'en ai la certitude; quand on n'est pas plus fort que n'était le pauvre garçon, c'est véritablement malheureux de tomber sur une perso

Sophie le regarda, stupéfiée par cette accusation; elle n'avait même plus le courage de répondre, tant les actes qu'on lui reprochait lui semblaient inouïs; cette idée qu'on pouvait imputer à son affection la mort de cet homme qu'elle avait soigné, jours et nuits, l'atterra; elle étrangla, puis ses larmes qui semblaient taries recoulèrent de plus belle.

Pendant ce temps, le notaire se faisait cette réflexion que ces pleurs ne l'embellissaient pas: ce ventre qui sautait dans la saccade des sanglots lui parut même grotesque.

Cette réflexion ne le disposait pas à la clémence; cependant, comme le désespoir de la malheureuse augmentait, qu'elle pleurait maintenant à chaudes larmes, la tête entre les mains, il s'amollissait un peu et s'avouait intérieurement qu'il était peut-être cruel de jeter ainsi une femme sur le pavé, en quelques heures.

Il s'irrita, mécontent de lui; mécontent tout à la fois de l'action qu'il allait commettre et du semblant de pitié qu'il éprouvait.

Involontairement, il cherchait un argument décisif qui lui rendît cette créature plus odieuse, un argument qui enforcît et justifiât sa dureté, qui le débarrassât du soupçon de malaise qu'il sentait poindre.

Il posa deux questions, mais, trichant avec lui-même afin d'aider à se convaincre et d'obliger la femme à répondre dans le sens qu'il espérait, il plaida le faux pour savoir le vrai.

– En résumé, ma chère enfant, fit-il, je n'ignore pas la façon dont mon petit-fils vous a co

Sophie continuait à pleurer doucement: elle ne répondit point.

Bien, pensa Me Le Ponsart, elle ne proteste pas; donc, j'ai touché juste; Jules n'a pas été son premier amant-et d'une…

– En second lieu, reprit-il, vous pensiez bien, n'est-ce pas? que la situation irrégulière dans laquelle vous viviez avec mon petit-fils ne pouvait durer. D'une façon ou d'une autre, elle se serait rompue. Ou Jules aurait été nommé sous-préfet dans une province et il se serait honorablement et richement marié, ou pour une cause que l'avenir eût pu seul nous apprendre, il vous eût quittée ou eût été quitté par vous: dans ces deux cas, votre liaison aurait forcément pris fin.

– Non, monsieur, fit-elle vivement, en levant sa tête, non, Jules ne m'aurait pas abando

– Allons donc, mâtine, murmura le notaire, voilà ce que je voulais te faire avouer. Cette fois, ses scrupules se mettaient à couvert; cette fille, qui n'avait pas l'excuse de s'être livrée vierge à son petit-fils, nourrissait le projet de se marier!

C'est un comble, se répétait-il; nous aurions eu ce torchon-là dans notre famille! Il resta déconcerté; en une rapide vision, il aperçut Jules amenant cette femme, traversant la localité, toute entière sur ses portes, entrant au milieu de la famille consternée par cette mésalliance; il aperçut cette femme, sans tenue, ne sachant ni manger, ni s'asseoir, lâchant des coq-à-l'âne, compromettant sa situation par le ridicule de sa vie présente et l'infamie de sa vie passée.-Ah bien, nous l'avons échappé belle!

Sa résolution était, du coup, inébranlable.

– Voulez-vous signer, oui ou non, ce reçu? dit-il, d'un ton bref.

Elle refusa d'un geste.

– Faites bien attention, je vous ouvre une porte de sortie, vous la refusez; prenez garde que moi-même je ne la ferme.

Puis, voyant qu'elle persistait à se taire, il ravala sa colère, se croisa les bras et reprit, d'une voix paterne: