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Exactement le genre de type que Pierre n'aurait pas aimé. Pierre était un défenseur de la mesure et de la sobriété. Et le jeune type était élégant, un peu austère, un peu clinquant. Belles mains accrochées aux barreaux. En l'examinant, Sophia y trouva un certain réconfort. C'est pourquoi sans doute elle lui demanda quel pouvait être, à son avis, le nom de l'arbre qui était là. Le jeune type décolla son front de la grille, qui laissa un peu de rouille dans ses cheveux noirs et raides. Ça devait faire un moment qu'il était appuyé. Sans s'éto

– C'est un hêtre, madame, dit le jeune type.

– Vous en êtes certain? Pardo

Le jeune type renouvela son examen. Avec ses yeux sombres, pas encore mornes.

– Il n'y a aucun doute, madame.

– Je vous remercie, monsieur. Vous êtes très aimable.

Elle lui sourit et s'en alla. Le jeune type, du coup, s'en alla de son côté, en poussant un petit caillou du bout du pied.

Elle avait donc raison. C'était un hêtre. Juste un hêtre.

Saleté.

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Et voilà.

C'était exactement ce qui s'appelle être dans la merde. Et depuis combien de temps? Disons deux ans.

Et au bout de deux ans, le coup du tu

Cela l'avait mené jusqu'à la rue Saint-Jacques, non sans quelques e

Le caillou dérailla dans la rue Saint-Jacques. Les cailloux n'aiment pas les rues qui montent. Il s'était fourré dans un caniveau, juste derrière la Sorbo

Disons deux ans. Et au bout de deux ans, le seul réflexe d'un homme dans la merde est de chercher un autre homme qui soit dans la merde.

Car fréquenter ceux qui ont réussi là où vous avez tout raté à trente-cinq ans aigrit le caractère. Au début bien entendu ça distrait, ça fait rêver, ça encourage. Ensuite, ça énerve et puis ça aigrit. C'est assez co

Il y en avait bien un dont il avait entendu dire qu'il était dans la merde. Et, d'après les nouvelles récentes, Mathias Delamarre semblait être authentiquement dans la merde depuis un bon bout de temps. Marc l'aimait bien, beaucoup même. Mais il ne l'avait pas revu depuis ces deux ans. Mathias pourrait peut-être marcher avec lui pour louer la baraque. Car, ce loyer de misère, Marc ne pouvait pour l'instant qu'en fournir le tiers. Et la réponse à do

Soupirant, Marc poussa le caillou jusqu'à la porte d'une cabine téléphonique. Si Mathias marchait, il pouvait peut-être enlever l'affaire. Seulement, il y avait un gros e

Encore que.

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Encore que. On ne faisait pas ce qu'on voulait de ce type. Mathias était buté et orgueilleux. Aussi orgueilleux que lui? Peut-être bien pire. En tous les cas, le prototype du chasseur-cueilleur qui poursuit son aurochs jusqu'à épuisement et qui fuit sa tribu plutôt que de rentrer bredouille. Non. Ça, c'était le portrait d'un con et Mathias était fin. Mais il pouvait rester muet pendant deux jours si l'une de ses idées se voyait contrariée par la vie. Idées trop denses, probablement, ou bien désirs inadaptables. Marc, qui poussait le bavardage jusqu'à l'art de la dentellière, fatiguant souvent son public, avait dû plus d'une fois la boucler devant ce vaste type aux cheveux blonds qu'on croisait dans les couloirs de la faculté, silencieux sur un banc, pressant lentement ses deux grandes mains l'une contre l'autre, comme pour réduire en bouillie les sorts contraires, grand chasseur-cueilleur aux yeux bleus perdu dans sa course à l'aurochs. Normand peut-être? Marc s'aperçut qu'en quatre a

Il n'y avait rien à faire dans ce café, et Marc attendait. Du doigt, il dessinait des motifs sculpturaux sur la petite table. Ses mains étaient maigres et longues. Il aimait bien leur charpente précise et les veines des sus. Pour le reste, il avait des doutes sérieux. Pourquoi penser à ça? Parce qu'il allait revoir le grand chasseur blond? Et alors? Bien sûr, lui, Marc, de taille moye