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– Est-ce que tu penses comme Mathias? Que Sophia a été tuée?
– Doucement, mon garçon. Saint Matthieu s'avance un peu vite.
– Mathias peut être rapide quand c'est nécessaire. Les chasseurs-cueilleurs sont comme ça, parfois. Et pourquoi un assassinat? Pourquoi pas un accident?
– Accident? Non. On aurait retrouvé le corps depuis longtemps.
– Alors, c'est possible? Meurtre?
– C'est ce que pense Legue
Quand Legue
– Qu'est-ce qu'il va faire? demanda Marc.
– Ouvrir l'enquête. Jouer aux cartes avec moi. Travailler Pierre Relivaux. Et ce n'est pas marrant d'être travaillé par Legue
La nouvelle tomba le surlendemain en un coup brutal. Legue
18
Alexandra, incrédule, assise en tailleur sur son lit, longues jambes croisées, la tête dans les mains, exigeait des détails, des certitudes. Il était sept heures du soir. Legue
– Pourquoi vous êtes-vous déplacé jusqu'à Maisons-Alfort? demandait Alexandra. Que saviez-vous?
– Rien, assura Legue
– Legue
Legue
– J'essaie, Vandoosler, mais Mlle Haufman veut des certitudes.
– Continuez, inspecteur, dit Alexandra à voix basse. Je dois savoir.
La jeune femme avait le visage abîmé d'avoir pleuré, les cheveux noirs hérissés, raidis par le passage répété de ses mains mouillées. Marc aurait voulu tout sécher, tout recoiffer. En fait, il ne pouvait rien faire.
– Le labo travaille dessus et il faudra plusieurs jours pour avoir éventuellement de nouveaux résultats. Mais le corps brûlé était de petite taille, suggérant une femme. La carcasse du véhicule a été passée au crible mais il ne restait rien, pas un lambeau d'habit, pas un accessoire, rien. L'incendie a été allumé avec des litres d'essence, répandus non seulement sur le corps et la voiture à profusion, mais aussi sur le sol alentour et la façade de la maison riveraine, heureusement vide. Plus perso
– L'endroit avait donc été bien choisi, c'est ça?
– Oui. Car le temps que l'alarme soit do
L'inspecteur Legue
– Et ensuite? demanda-t-elle.
– A l'emplacement des pieds, on a trouvé deux concrétions d'or fondu, laissant penser à des a
– Bien sûr, dit Alexandra avec un sourire vague. Ma grand-mère redoutait comme la foudre de perdre ses clefs. Elle nous a tous appris à cacher nos clefs comme des écureuils. On ne les a jamais sur nous.
– Ah, dit Legue
Alexandra tendit la main vers le sachet.
– Tante Sophia l'avait ramassée sur une plage de Grèce, le lendemain de son premier succès sur scène, murmura-t-elle. Elle ne sortait jamais sans, ce qui d'ailleurs agaçait beaucoup Pierre. Et nous, ça nous amusait beaucoup, et c'est finalement ce petit caillou… Un jour, ils étaient partis pour la Dordogne et ils ont dû faire demi-tour à plus de cent kilomètres de Paris parce que Sophia avait oublié son caillou. C'est vrai, elle le mettait dans son sac à main ou dans la poche de son manteau. Sur scène, quel que soit le costume, elle exigeait que lui soit cousue une petite poche intérieure pour le porter. Jamais elle n'aurait chanté sans. Vandoosler soupira. Ce que les Grecs peuvent.être emmerdants, des fois.
– Quand votre enquête sera finie, continua Alexan-dra à voix basse, enfin… si vous n'êtes pas obligés de le conserver, j'aimerais l'avoir. À moins que mon oncle Pierre, bien sûr…
Alexandra rendit le sachet à l'inspecteur Legue
– Pour le moment, nous le gardons, bien entendu. Mais Pierre Relivaux ne m'a fait aucune demande dans ce sens.
– Quelles sont les conclusions de la police? demanda Vandoosler.
Alexandra aimait bien quand ce vieux flic parlait, l'oncle ou le parrain du type en noir avec les bagues, si elle avait bien compris. Elle se méfiait un peu de cet ancien commissaire mais sa voix était apaisante et encourageante. Même quand il ne disait rien de spécial.
– Si on passait dans la pièce à côté? demanda Marc. On pourrait boire un truc.
Chacun se déplaça en silence et Mathias enfila sa veste. C'était l'heure pour lui d'aller servir au To
– Juliette ne ferme pas? demanda Marc.
– Non, dit Mathias. Mais je vais devoir servir pour deux. Elle ne tient pas sur ses jambes. Quand Legue