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Mathias s'appliqua sur le front Est. Quand Lucien ne faisait pas cours, il passait la ligne avec Marc et ils allaient déjeuner au To

Mathias servait lentement, tasse par tasse, sans faire d'équilibrisme. Trois jours plus tard, il avait repéré le client qui mangeait ses chips à la fourchette. Sept jours plus tard, Juliette avait pris l'habitude de lui do

Le lendemain, perso

Essoufflée après l'ascension rapide des quatre étages, Juliette s'assit face à Vandoosler dont le visage devint aussitôt attentif. Juliette semblait apprécier les évangélistes mais préférer l'avis du vieux commissaire. Mathias, appuyé à une poutre, pensa qu'elle préférait en réalité la gueule du vieux commissaire, ce qui l'agaçait un peu. Plus le vieux était attentif, plus il était beau.

Lucien, revenu de Reims où il avait été appelé pour une conférence bien payée sur «L'Enlisement du Front», exigea un résumé des faits. Sophia n'avait pas réapparu. Juliette était allée voir Pierre Relivaux qui avait dit de ne pas s'en faire, qu'elle reviendrait. Il semblait soucieux mais sûr de lui. Ce qui do

– Mais tout de même, dit Juliette, un flic reste un flic.

– Pas forcément, dit Marc. Un flic viré peut devenir un anti-flic, un loup-garou peut-être.

– Elle n'en avait pas marre de cet émincé de veau? demanda Vandoosler.

– Pas du tout, dit Juliette. Et elle le mange même de façon éto

– Une femme organisée, dit Vandoosler. Pas le genre à disparaître sans explication.

– Si son mari ne s'alarme pas, dit Lucien, c'est qu'il a de bo

– Néanmoins, dit Marc, Juliette pense à quelque chose qu'elle ne nous dit pas. Il n'y a pas que l'émincé qui la tracasse, n'est-ce pas, Juliette?

– C'est vrai, dit Juliette.

Elle était jolie, dans la faible lumière qui éclairait les combles. Tout à son souci, elle ne faisait pas attention à sa tenue. Penchée en avant, les mains croisées, sa robe ne serrait pas son corps et Marc nota que Maîhias s'était placé debout face à elle. Encore ce trouble immobile. Il faut admettre qu'il y avait de quoi. Corps blanc, corps plein, nuque ronde, épaules dégagées.

– Mais si Sophia revient demain, continua Juliette, je m'en voudrais d'avoir raconté ses petites histoires à de simples voisins.

– On peut être voisins sans être simples, dit Lucien.

– Et il y a l'arbre, dit doucement Vandoosler. L'arbre oblige à parler.

– L'arbre? Quel arbre?

– Plus tard, dit Vandoosler. Racontez ce que vous savez.

Difficile de résister au timbre de la voix du vieux flic. On ne voit pas pourquoi Juliette aurait fait exception.

– Elle était arrivée de Grèce avec un ami, dit Juliette. Il s'appelait Stelyos. D'après elle, un fidèle, un protecteur, mais, si j'ai bien compris, un fanatique, séduisant, ombrageux, qui ne laissait perso

– De quand date son mariage avec Pierre? demanda Marc.

– Longtemps… Quinze ans, vingt ans… dit Juliette. Franchement, un type qui voudrait se venger vingt ans plus tard, ça me paraît invraisemblable. On a quand même autre chose à faire dans la vie que de mâcho

– Il arrive qu'on puisse penser à quelqu'un longtemps après, dit Vandoosler.

– Qu'on tue quelqu'un sur le coup, je suis d'accord, dit Juliette sans entendre, ce sont des trucs qui arrivent. Un coup de sang. Mais s'énerver vingt ans plus tard, là je ne marche pas. Mais Sophia a l'air de croire à ce genre de réaction. Ça doit être grec, je n'en sais rien. Si je le raconte, c'est parce que Sophia y attache de l'importance. J'ai idée qu'elle s'en veut un peu d'avoir abando

– Déçue par Pierre? demanda Mathias.

– Oui, dit Juliette. Pierre ne fait plus attention à rien, enfin plus à elle. Il lui parle, sans plus. Il converse, comme dit Sophia, et il lit ses journaux pendant des heures sans lever le nez quand elle passe. Il paraît que ça lui prend dès le matin. Je lui ai bien dit que c'était normal, mais elle, elle trouve ça triste.