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Il était si content, le petit Jack, si fier d’accompagner le garde à travers bois, de marcher à coté de cet homme terrible, redouté aux alentours, et à qui son fusil passé en bandoulière do

Derrière le rideau grêle des jeunes branches, parmi lesquelles les aubépines en fleurs jetaient leurs grands bouquets d’autel entièrement blancs et parfumés, ces vies s’agitaient, circulaient, mêlées à l’ombre des hautes cimes. Le garde surveillait les terriers, les couvées; il détruisait les animaux nuisibles, les vipères, les pies, les écureuils, les mulots, les taupes. On lui do

Aussi comme il les veillait, comme il épiait leurs moindres maladies. Il avait entre autres tout un peuplement de sapins attaqués par les bœstrichs, qui le rendait très malheureux. Ces bœstrichs sont de tout petits vers, qui vie

Les hêtres avaient un autre e

Pendant ces tournées forestières, le garde et l’enfant ne se parlaient pas, la grande symphonie des bois les envahissant. Selon les essences d’arbres qu’il secouait, le vent transformait son haleine et sa plainte. Dans les pins, c’était une houle de mer, un souffle long; dans les bouleaux, dans les trembles, un cliquetis frémissant qui laissait les rameaux immobiles, mais passait sur les feuilles en mille notes métalliques; et du bord des étangs, nombreux dans cette partie de la forêt, venaient des frôlements doux, le froissement des roseaux inclinant l’un vers l’autre leurs longues lances satinées. Par là-dessus, le rire strident des pies, les coups de becs des piverts, le cri mélancolique des coucous, tous ces bruits vagues qui montent de quatre à cinq lieues de feuilles. Jack les avait toujours dans les oreilles, ces bruits délicieux, et il les aimait.

Pourtant, à courir ainsi la forêt tout le jour en compagnie du garde, il s’était fait des e

– Eh! dis-donc, toué là-bas!… Pourquoué donc tu files si fort? Je t’ons ben vu, va!… Attends un peu que je t’affûte le nez avec ma sarpe…»

Puis elle se levait, s’amusait à lui faire peur, à lui do

En rentrant de ses courses, Jack trouvait sa mère en train de causer à voix basse dans la cuisine avec la femme du garde. Un silence lourd pesait sur la maison, rythmé par le balancier de la grande horloge de la salle à manger. L’enfant embrassait sa mère qui lui faisait signe de la main:

– Chut!… Tais-toi… Il est là-haut… Il travaille.

Jack s’asseyait dans un coin sur une chaise, s’amusait à regarder le chat faire le gros dos au soleil, ou le buste du poète dont l’ombre s’allongeait majestueusement sur la pelouse. Avec la maladresse de l’enfant qui a envie de bruit parce qu’il ne faut pas en faire, il renversait toujours quelque chose, remuait la table; heurtait les poids de l’horloge, dans les mouvements désœuvrés et inconscients que ces petites existences exubérantes jettent autour d’elles à tout instant.

«Mais tais-toi donc!…» répétait Charlotte; et la mère Archambauld, en mettant son couvert, prenait toutes sortes de précautions, avançant sur la pointe de ses gros pieds qui n’avaient pas de pointes, courbant avec effort tout son large dos, marchant des épaules, balourde, zélée, maladroite, pour ne pas déranger «monsieur qui travaillait.»

Il travaillait.