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Tout à coup, la nouvelle de ce vol. Ah! mon ami, je fus épouvanté. Combien j’en voulais à la faiblesse de ta mère, à la tyra

Maintenant, écoute-moi, Jack! Tu aimes ma fille, n’est-ce pas? Il s’agit de la gagner, de la conquérir, en sortant de la condition où l’aveuglement de ta mère t’a fait descendre. Je t’ai vu de près pendant ces deux mois; le moral et le physique vont bien. Donc voici ce qu’il faut faire: travaille pour être médecin, tu prendras ma suite à Étiolles. J’avais d’abord pensé à te garder ici, mais j’ai compté qu’il te faudrait quatre ans en piochant ferme, pour devenir officier de santé, ce qui suffit dans nos campagnes, et, pendant ce temps, ta présence réveillerait dans le pays le triste roman que je viens de te raconter. Puis, il est cruel à un ho

Jack se sentait si ému, si troublé, ce qu’il venait d’entendre était si touchant, si extraordinaire, la perspective qu’on lui ouvrait lui paraissait tellement belle, qu’il ne trouva pas un mot à dire, et pour toute réponse il sauta au cou de l’excellent homme.

Mais un doute, une crainte, lui restaient encore. Peut-être Cécile n’éprouvait-elle pour lui qu’une amitié de sœur. Et puis, quatre ans, c’était bien long; consentirait-elle à l’attendre jusque-là?

– Dam! mon garçon, dit M. Rivals gaiement, ce sont là des choses tout à fait perso

Lui parler! C’était vraiment bien difficile. Essayez donc de dire un mot, quand le cœur vous bat à tout rompre et que l’émotion vous serre à la gorge.

Cécile écrivait dans «la pharmacie.» Jamais elle n’avait paru à Jack si belle, si imposante, pas même le jour où, pour la première fois, il l’avait revue après sept ans d’absence. Mais chez lui, quel changement depuis ce jour-là! La beauté morale reconquise e

– Cécile, dit-il, je vais partir.

À cette a

– Je vais reprendre mon dur labeur. Mais, maintenant, ma vie a un but. Votre grand-père m’a permis de vous dire que je vous aimais, et que j’allais travailler à vous conquérir.

Il tremblait tellement, il parlait si bas, que tout autre que Cécile n’aurait su distinguer ce qu’il disait. Mais elle l’entendait bien, elle; et pendant que par tous les coins de la grande salle le passé réveillé s’agitait dans les rayons du soleil couchant, la jeune fille écoutait cette déclaration d’amour, comme un écho de toutes ses pensées, de tous ses rêves depuis dix ans… Et c’était une enfant si singulière, qu’au lieu de rougir et de cacher son visage, ainsi que font en pareil cas les jeunes perso

– Jack, répondit-elle en lui tendant sa petite main fidèle, je vous attendrai quatre ans, je vous attendrai toujours, mon ami.

IV LE CAMARADE

Dis donc, la Balafre, tu ne co

Celui qu’on appelait la Balafre, grand diable en vareuse et en casquette, le visage traversé d’une longue cicatrice témoignant d’un ancien accident, s’approcha du comptoir, car c’est presque toujours chez un marchand de vin du faubourg que ces scènes d’embauchage se passent, toisa des pieds à la tête le compagnon qu’on lui présentait, lui tâta les biceps:

– Ça manque un peu d’abattis, dit-il d’un air doctoral, mais du moment qu’il a été dans la chauffe…

– Trois ans, dit Jack.

– Eh bien! ça prouve que tu es plus fort que tu n’en as la mine… Va-t-en chez Eyssendeck, la grande maison de la rue Oberkampf. On demande des journaliers au découpoir et au balancier. Tu diras au contre-coup que c’est la Balafre qui t’envoie… À présent, si tu veux payer un canon de la bouteille [4].

Jack paya le canon demandé, s’en alla à l’adresse qu’on venait de lui do

«J’ai des petits pigeo