Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 72 из 125

XXX Œillet et souterrain

Le premier coup avait été terrible, et il avait fallu à Maurice toute la puissance qu’il avait sur lui-même pour cacher à Lorin le bouleversement qui s’était fait dans toute sa perso

Quoi! cette maison que Maurice avait si souvent visitée avec le plaisir le plus pur, cette maison dont il avait fait son paradis sur la terre, n’était qu’un repaire de sanglantes intrigues! Tout ce bon accueil fait à son ardente amitié, c’était de l’hypocrisie; tout cet amour de Geneviève, c’était de la peur!

On co

Mais, ce soir-là, au lieu d’éclairer isolée et immobile la chambre de la jeune femme, la lumière se promenait d’une fenêtre à l’autre. Maurice aperçut Geneviève à travers un rideau soulevé à moitié par accident; elle entassait à la hâte des effets dans un portemanteau, et il vit avec éto

Il se souleva sur une borne afin de mieux plonger ses regards dans la chambre. Un grand feu brillait dans l’âtre et attira son attention; c’étaient des papiers que Geneviève brûlait.

En ce moment une porte s’ouvrit, et un jeune homme entra chez Geneviève.

La première idée de Maurice fut que cet homme était Dixmer.

La jeune femme courut à lui, saisit ses mains, et tous deux se tinrent un instant en face l’un de l’autre, paraissant en proie à une vive émotion. Quelle était cette émotion? Maurice ne pouvait le deviner, le bruit de leurs paroles n’arrivait pas jusqu’à lui.

Mais tout à coup Maurice mesura sa taille des yeux.

– Ce n’est pas Dixmer, murmura-t-il.

En effet, celui qui venait d’entrer était mince et de petite taille; Dixmer était grand et fort.

La jalousie est un actif stimulant; en une minute Maurice avait supputé la taille de l’inco

– Ce n’est pas Dixmer, murmura-t-il, comme s’il eût été obligé de se le redire à lui-même pour être convaincu de la perfidie de Geneviève.

Il se rapprocha de la fenêtre, mais plus il se rapprochait moins il voyait: son front était en feu.

Son pied heurta une échelle; la fenêtre avait sept ou huit pieds de hauteur: il prit l’échelle et alla la dresser contre la muraille.

Il monta, colla son œil à la fente du rideau.

L’inco

Un léger bruit que fit Maurice amena le jeune homme à tourner la tête du côté de la fenêtre.

Maurice retint un cri de surprise: il venait de reco

En ce moment Geneviève retira ses mains de celles de l’inco

Maurice ne put se contenir davantage; toutes les terribles passions qui torturent l’homme, l’amour, la vengeance, la jalousie, lui étreignaient le cœur de leurs dents de feu. Il saisit son temps, repoussa violemment la croisée mal fermée et sauta dans la chambre. Au même instant deux pistolets se posèrent sur sa poitrine.

Geneviève s’était retournée au bruit; elle resta muette en apercevant Maurice.

– Monsieur, dit froidement le jeune républicain à celui qui tenait deux fois sa vie au bout de ces armes, monsieur, vous êtes le chevalier de Maison-Rouge?

– Et quand cela serait? répondit le chevalier.

– Oh! c’est que si cela est, vous êtes un homme brave et par conséquent un homme calme, et je vais vous dire deux mots.

– Parlez, dit le chevalier sans détourner ses pistolets.

– Vous pouvez me tuer, mais vous ne me tuerez pas avant que j’aie poussé un cri, ou plutôt je ne mourrai pas sans l’avoir poussé. Si je pousse ce cri, mille hommes qui cernent cette maison l’auront réduite en cendres avant dix minutes. Ainsi abaissez vos pistolets, et écoutez ce que je vais dire à madame.

– À Geneviève? dit le chevalier.

– À moi? murmura la jeune femme.

– Oui, à vous.

Geneviève, plus pâle qu’une statue, saisit le bras de Maurice; le jeune homme la repoussa.

– Vous savez ce que vous m’avez affirmé, madame, dit Maurice avec un profond mépris. Je vois maintenant que vous avez dit vrai. En effet, vous n’aimez pas M. Morand.

– Maurice, écoutez-moi! s’écria Geneviève.

– Je n’ai rien à entendre, madame, dit Maurice. Vous m’avez trompé; vous avez brisé d’un seul coup tous les liens qui scellaient mon cœur au vôtre. Vous avez dit que vous n’aimiez pas M. Morand, mais vous ne m’avez pas dit que vous en aimiez un autre.

– Monsieur, dit le chevalier, que parlez-vous de Morand, ou plutôt de quel Morand parlez-vous?

– De Morand le chimiste.

– Morand le chimiste est devant vous. Morand le chimiste et le chevalier de Maison-Rouge ne font qu’un.

Et allongeant la main vers une table voisine, il eut en un instant coiffé cette perruque noire qui l’avait si longtemps rendu méco

– Ah! oui, dit Maurice avec un redoublement de dédain; oui, je comprends, ce n’est pas Morand que vous aimiez, puisque Morand n’existait pas; mais le subterfuge, pour en être plus adroit, n’en est pas moins méprisable.

Le chevalier fit un mouvement de menace.

– Monsieur, continua Maurice, veuillez me laisser causer un instant avec madame; assistez même à la causerie, si vous voulez; elle ne sera pas longue, je vous en réponds.

Geneviève fit un mouvement pour inviter Maison-Rouge à prendre patience.

– Ainsi, continua Maurice, ainsi, vous, Geneviève, vous m’avez rendu la risée de mes amis! l’exécration des miens! Vous m’avez fait servir, aveugle que j’étais, à tous vos complots! vous avez tiré de moi l’utilité que l’on tire d’un instrument! Écoutez: c’est une action infâme! mais vous en serez punie, madame! car monsieur que voici va me tuer sous vos yeux! Mais avant cinq minutes, il sera là, lui aussi, gisant à vos pieds, ou, s’il vit, ce sera pour porter sa tête sur un échafaud.