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– Mais pourquoi ne m’as-tu rien dit avant, Vassia? Si tu me l’avais a

– Allons, allons, ne te fâche pas! je ne t’en veux nullement… Tu sais bien que c’est toujours à cause de mon bon cœur… Aussi m’est-il très pénible de n’avoir pu te le dire comme je l’aurais voulu, te raconter tout calmement, te mettre au courant d’une manière convenable… Vraiment, Arkacha, je t’aime tant que si je ne t’avais pas, je ne me serais sans doute pas marié… Peut-être même n’existerais-je pas du tout!…

En écoutant Vassia, Arkadi Ivanovitch, dont la nature était des plus sensibles, riait et pleurait à la fois. Vassia faisait de même. Tous les deux s’embrassèrent, oublieux de leur petite querelle.

– Mais à présent, raconte-moi tout! Comment cela s’est-il produit, Vassia? Excuse-moi, mon vieux, mais je suis éto

Mais ayant lu sur le visage de son ami la confirmation du ferme projet de se marier aussi vite que possible, il se jeta sur le lit et se mit, de joie, à faire de telles cabrioles que les murs en tremblaient.

– Vassia, viens t’asseoir! dit-il enfin, en se calmant.

– Vraiment, mon vieux je ne sais par où commencer… Tous les deux se regardaient, émus et joyeux.

– Qui est-ce, Vassia?

– Les Artémiev, répondit Vassia d’une voix tremblante de bonheur.

– Non! Vraiment?

– Mais oui! Ne t’ai-je pas parlé d’eux tous les jours que Dieu fait? Puis j’ai cessé de les mentio

– J’ai beau te regarder, Vassia, je ne parviens toujours pas à croire que c’est vrai! Je te jure que je n’y parviens pas!… Il me semble toujours que… Est-ce vrai, mon vieux, que tu te maries? Comment cela se fait-il que je n’en aie rien su? Car il faut que je te confesse, Vassia, que moi-même j’ai eu parfois l’idée de me marier… Mais du moment que tu te maries, toi, peu m’importe! Sois heureux, mon petit, sois heureux!

– Si tu savais, mon vieux, combien mon cœur est léger et quelle douceur je ressens dans l’âme! dit Vassia ému, en se levant et en arpentant la pièce. Tu ressens la même chose, n’est-ce pas? Évidemment, nous vivrons, de façon assez modeste mais nous serons quand même heureux. Et ce n’est pas une chimère! Notre bonheur ne sera pas imaginaire! Ce sera la réalité pure!

– Écoute-moi, Vassia!…

– Que veux-tu dire? demanda celui-ci en s’arrêtant devant Arkadi Ivanovitch.

– J’ai une idée… Mais j’ai un peu peur de te la communiquer. Excuse-moi, mais il faut que tu dissipes mes doutes. De quoi, comment vivras-tu? Certes, je suis enchanté d’apprendre que tu te maries, je ne me tiens pas de joie… Mais comment vivras-tu?

– Oh! mon Dieu! En voilà une question, Arkacha! répondit Vassia, en contemplant Néfédévitch d’un air éto

– Excuse-moi, Vassia… Je te jure que c’est toujours la crainte de voir les choses ne pas s’arranger qui me pousse… Mais comment se fait-il que, tu comptes sept cents?… Moi, je n’en vois que trois cents.

– Trois cents? Et Julian Mastakovitch? L’as-tu oublié?

– Julian Mastakovitch? Mais, mon vieux, ce n’est pas une affaire sûre! Ce n’est pas comme les trois cents roubles d’appointements fixes où chaque rouble est comme un ami fidèle. Julian Mastakovitch, certes est un homme éminent; j’ai beaucoup de respect pour lui, je le comprends, bien qu’il occupe une situation aussi importante… Je l’aime même, parce qu’il t’aime, toi, et qu’il te paie ton travail supplémentaire, bien qu’il ait pu l’exiger en service commandé et en charger n’importe quel fonctio

– Écoute, Arkacha! Il se pourrait aussi bien que le plafond s’écroule sur nos têtes…

– Évidemment, évidemment… Je ne dis pas…

– Écoute-moi. Pourquoi veux-tu qu’il n’ait plus recours à mes services? Je m’acquitte de mon travail avec zèle… D’autre part, il est si bon, Arkacha! Il m’a do