Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 46 из 86

On supposait que la renommée de notre théâtre s’étendrait au loin dans la forteresse et même en ville, d’autant plus qu’il n’y avait aucun théâtre à N…; des représentations d’amateurs et rien de plus. Les forçats se réjouissaient du moindre succès, comme de vrais enfants, ils se vantaient. «Qui sait – se disait-on – il se peut que les chefs appre

En un mot, la fantaisie des forçats, surtout après le premier succès, alla presque jusqu’à s’imaginer qu’on leur distribuerait des récompenses ou qu’on diminuerait le chiffre des travaux forcés, l’instant d’après ils étaient les premiers à rire de bon cœur de leurs imaginations. En un mot, c’étaient des enfants, de vrais enfants, bien qu’ils eussent quarante ans. Je co

J’ai dit «théâtre populaire»: il serait très-bon que nos investigateurs de la littérature populaire s’occupassent de faire de soigneuses recherches sur ce théâtre, qui existe, et qui peut-être n’est pas si insignifiant qu’on le pense. Je ne puis croire que tout ce que j’ai vu dans notre maison de force fût l’œuvre de nos forçats. Il faut pour cela des traditions antérieures, des procédés établis et des notions transmises de génération en génération. Il faut les chercher parmi les soldats, les ouvriers de fabrique, dans les villes industrielles et même chez les bourgeois de certaines pauvres petites villes ignorées. Ces traditions se sont conservées dans certains villages et dans des chefs-lieux de gouvernement, chez la valetaille de quelques grandes propriétés foncières. Je crois même que les copies de beaucoup de vieilles pièces se sont multipliées, précisément grâce à cette valetaille de hobereaux. Les anciens propriétaires et les seigneurs moscovites avaient leurs propres théâtres sur lesquels jouaient leurs serfs. C’est de là que provient notre théâtre populaire, dont les marques d’origine sont indiscutables. Quant à Kedril le glouton, malgré ma vive curiosité, je ne pus rien en savoir, si ce n’est que les démons apparaissaient sur la scène et emportaient Kedril en enfer. Mais que signifiait ce nom de Kedril? pourquoi s’appelait-il Kedril, et non Cyrille? L’action était-elle russe ou étrangère? je ne pus pas tirer au clair cette question. On a

Les jours de travail, on fermait les casernes de très-bo

Dans le cas où l’officier de service arriverait et demanderait l’officier de garde, on lui répondrait que ce dernier était allé compter les forçats et fermer les casernes; réponse exacte et justification aisée. Voilà pourquoi nos surveillants autorisèrent le spectacle pendant toute la durée des fêtes; les casernes ne se fermèrent chaque soir qu’à la retraite. Les forçats savaient d’avance que la garde ne s’opposerait pas à leur projet; ils étaient tranquilles de ce côté là.