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– C’est de là qu’on m’a expédié ici, ajouta Baklouchine.
– Et pourquoi? lui demandai-je.
– Pourquoi? vous ne devineriez pas, Alexandre Pétrovitch. Parce que je fus amoureux.
– Allons donc! on n’exile pas encore pour ce motif, répliquai-je en riant.
– Il est vrai de dire, reprit Baklouchine, qu’à cause de cela j’ai tué là-bas un Allemand d’un coup de pistolet. Mais était-ce bien la peine de m’envoyer aux travaux forcés pour un Allemand? Je vous en fais juge.
– Comment cela est-il arrivé? Racontez-moi l’histoire, elle doit être curieuse.
– Une drôle d’histoire, Alexandre Pétrovitch!
– Tant mieux. Racontez.
– Vous le voulez? Eh bien, écoutez…
Et j’entendis l’histoire d’un meurtre: elle n’était pas «drôle», mais en vérité fort étrange…
– Voici l’affaire, commença Baklouchine. – On m’avait envoyé à Riga, une grande et belle ville, qui n’a qu’un défaut: trop d’Allemands. J’étais encore un jeune homme bien noté auprès de mes chefs; je portais mon bo
«- Ne demande pas cela, Sacha, je veux conserver mon i
– Eh! me dis-je, elle a raison! Quel bénéfice d’épouser un soldat, même un sous-officier? – Allons, adieu, Louisa, Dieu te protège! je n’ai pas le droit de te priver de ton bonheur. Et comment est-il de sa perso
Un jour se passe, puis un second, un troisième… Je ne vois plus Louisa. J’avais pourtant appris d’une vieille commère (blanchisseuse aussi, chez laquelle mon amante allait quelquefois) que cet Allemand co
Le dimanche matin, je n’avais encore rien décidé; sitôt la messe entendue, je sortis en courant, j’enfilai ma capote et je me rendis chez cet Allemand. Je pensais les trouver tous là. Pourquoi j’allais chez l’Allemand et ce que je voulais dire, je n’en savais rien moi-même. Je glissai un pistolet dans ma poche à tout hasard; un petit pistolet qui ne valait pas le diable, avec un chien de l’ancien système, – encore gamin je m’en servais pour tirer, – il n’était plus bon à rien. Je le chargeai cependant, parce que je pensais qu’ils me chasseraient, que cet Allemand me dirait des grossièretés, et qu’alors je tirerais mon pistolet pour les effrayer tous. J’arrive. Perso
– Que désirez-vous?
J’eusse perdu contenance, si la colère ne m’eût soutenu.
– Ce que je désire? Accueille donc un hôte, fais-lui boire de l’eau-de-vie. Je suis venu te faire une visite.
L’Allemand réfléchit un instant et me dit: Asseyez-vous! Je m’assis.
– Voici de l’eau-de-vie; buvez, je vous prie.
– Do