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Quant à ce qu'avait été le vrai Pavel Pavlovitch, celui de T…, voici le souvenir qu'en avait gardé Veltchaninov, et qui lui revint à l'esprit:
«Exactement parlant, le Pavel Pavlovitch de T… était mari, et rien de plus.» Ainsi, par exemple, s'il était en même temps fonctio
Durant son a
Cette liaison se rompit subitement, au moment où la passion de Veltchaninov, qui n'avait fait que grandir, lui ôtait presque l'esprit. On le chassa, tout simplement, tout d'un coup, et cela fut arrangé si bien qu'il partit sans se rendre compte qu'on l'avait rejeté «comme une vieille savate usée». Un mois et demi avant son départ, était arrivé à T… un jeune officier d'artillerie, qui sortait à peine de l'École. Il fut reçu chez les Trousotsky: au lieu de trois, on fut quatre. Natalia Vassilievna accueillit le jeune homme avec beaucoup de bienveillance, mais le traita comme un enfant. Veltchaninov ne se douta de rien; même il ne comprit pas, le jour où on lui signifia que la séparation était devenue nécessaire. Parmi les cent raisons au moyen desquelles Natalia Vassilievna lui démontra qu'il devait partir, absolument, immédiatement, il y avait celle-ci: qu'elle était enceinte, qu'il fallait donc qu'il disparût tout de suite, ne fût-ce que pour trois ou quatre mois, afin que dans neuf mois il fût plus difficile à son mari de faire le compte, s'il lui venait un soupçon. C'était quelque peu tiré par les cheveux. Veltchaninov la supplia ardemment de fuir avec lui à Paris ou en Amérique, puis partit seul pour Pétersbourg, «sans le moindre soupçon»: il croyait s'en aller pour trois mois tout au plus; autrement, aucun argument ne l'eût décidé à s'en aller, à aucun prix. Deux mois plus tard, il recevait à Pétersbourg une lettre où Natalia Vassilievna le priait de ne plus revenir, parce qu'elle en aimait un autre; quant à la grossesse, elle s'était trompée. Cette derrière explication était superflue; il voyait clair à présent: il se rappela le jeune officier. Ce fut fini, pour toujours. Quelques a
Il resta là, assis sur son lit, près d'une heure; enfin il revint à lui, so
Toute la fantasmagorie de la nuit, il se l'expliquait par le hasard, par l'ivresse manifeste de Pavel Pavlovitch, peut-être par autre chose encore, mais ce qu'au fond de lui-même il n'arrivait pas à comprendre, c'est pourquoi il s'en allait à présent renouer des relations avec le mari de jadis, alors que tout était bien fini entre eux. Quelque chose l'attirait: il avait ressenti une impression toute particulière, et de cette impression il se dégageait quelque chose qui l'attirait.
V LISA
Pavel Pavlovitch n'avait pas du tout songé à «se sauver», et Dieu sait pourquoi Veltchaninov lui avait fait cette question: probablement parce qu'il avait lui-même perdu la tête. À la première demande qu'il fit dans une petite boutique de Pokrov, on lui indiqua l'hôtel, à deux pas, dans une ruelle. À l'hôtel, on lui dit que M. Trousotsky occupait un appartement meublé chez Maria Sysoevna, dans le pavillon, au fond de la cour. Tandis qu'il montait l'escalier de pierre, étroit et malpropre, du pavillon, jusqu'au second étage, il entendit des pleurs. C'étaient des pleurs d'enfant, d'un enfant de sept à huit ans; la voix était plaintive. On entendait des sanglots étouffés qui éclataient, et, en même temps, des bruits de pas, des cris qu'on cherchait à assourdir, sans y réussir, et la voix rauque d'un homme. L'homme s'efforçait, semblait-il, de calmer l'enfant, faisait tout pour qu'on ne l'entendît pas pleurer, mais faisait lui-même plus de bruit que lui; ses éclats de voix étaient rudes, l'enfant paraissait demander grâce. Veltchaninov s'engagea dans un étroit couloir sur lequel s'ouvraient deux portes de chaque côté; il rencontra une femme très grande, très grosse, en toilette négligée, et il lui demanda Pavel Pavlovitch. Elle indiqua du doigt la porte d'où venaient les sanglots. La figure large et rougeaude de cette femme de quarante ans exprimait l'indignation.