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Quel fragment d’une enfance longtemps enfouie surgit ainsi, se répétant dans la compulsion au jeu? On le devine sans peine si l’on s’appuie sur une nouvelle d’un écrivain contemporain. Stefan Zweig, qui a consacré une étude à Dostoïevski lui-même (Trois Maîtres), a inclus dans son recueil de trois nouvelles, La confusion des sentiments, une histoire qu’il intitule «Vingt-quatre heures de la vie d’une femme». Ce petit chef-d’œuvre ne prétend que montrer à quel point la femme est un être irresponsable, à quels excès surprenants pour elle-même elle peut être conduite à travers une expérience inattendue. Mais la nouvelle dit en fait beaucoup plus. Elle montre, sans chercher d’excuses, quelque chose de tout à fait autre, de généralement humain, ou plutôt de masculin, une fois qu’on la soumet à une interprétation analytique. Une telle interprétation est si manifestement évidente qu’on ne peut la refuser. Selon un trait propre à la nature de la création artistique, l’auteur, qui est un de mes amis, a pu m’assurer que l’interprétation que je lui ai communiquée avait été tout à fait étrangère à sa co
Cette histoire brillamment contée, d’un enchaînement sans faille, se suffit assurément à elle-même et ne manque pas de produire un grand effet sur le lecteur. Mais l’analyse nous apprend que son invention provient d’un fantasme de désir de la période de la puberté, fantasme qui reste conscient comme souvenir chez de nombreuses perso
Sigmund Freud.
À A
En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas,
Il demeure seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.
Jean, XII, 24, 25.
(Trad. Crampon.)
[10] La plupart des vues ici exprimées figurent aussi dans l’excellent écrit de Jolan Neufeld, «Dostoïevski, esquisse de sa psychanalyse», Imago-Bücher, numéro IV, 1923.