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– Dites-moi, comment cela va-t-il, ici?
– Ilioucha va très mal, il ne s’en tirera pas.
– Est-ce possible? Convenez que la médecine est une infamie, Karamazov, dit Kolia avec chaleur.
– Ilioucha s’est souvenu de vous bien des fois, même dans son délire. On voit que vous lui étiez très cher auparavant… jusqu’à l’incident du canif. Il doit y avoir une autre cause… Ce chien est à vous?
– Oui, c’est Carillon.
– Ah, ce n’est pas Scarabée? dit Aliocha en regardant tristement Kolia dans les yeux. L’autre a vraiment disparu?
– Je sais que vous voudriez tous avoir Scarabée, on m’a tout raconté, répliqua Kolia, avec un sourire énigmatique. Écoutez, Karamazov, je vais tout vous dire, c’est d’ailleurs pour vous expliquer la situation que je vous ai fait venir avant d’entrer, commença-t-il avec animation. Au printemps, Ilioucha est entré en préparatoire. Vous savez ce que sont les élèves de cette classe: des moutards, de la marmaille. Ils se mirent aussitôt à le taquiner. Je suis deux classes plus haut et, bien entendu, je les observe de loin. Je vois un petit garçon chétif, qui ne se soumet pas, se bat même avec eux; il est fier, ses yeux brillent. J’aime ces caractères-là. Les autres redoublent. Le pire, c’est qu’il avait alors un méchant costume, un pantalon qui remontait, des souliers percés. Raison de plus pour l’humilier. Cela me déplut, je pris aussitôt sa défense et je leur do
– Ah! quel dommage, dit Aliocha ému, que je n’aie pas co