Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 109 из 230

Une flamme brûlait dans le cœur d’Aliocha; il le sentait plein à déborder; des larmes de joie lui échappèrent… Il étendit les bras, poussa un cri, s’éveilla…

De nouveau le cercueil, la fenêtre ouverte et la lecture calme, grave, rythmée de l’Évangile. Mais Aliocha n’écoutait plus. Chose étrange, il s’était endormi à genoux et se trouvait maintenant debout. Soudain, comme soulevé de sa place, il s’approcha en trois pas du cercueil, il heurta même de l’épaule le Père Païsius sans le remarquer. Celui-ci leva les yeux, mais reprit aussitôt sa lecture, se rendant compte que le jeune homme n’était pas dans son état normal. Aliocha contempla un instant le cercueil, le mort qui y était allongé, le visage recouvert, l’icône sur la poitrine, le capuce surmonté de la croix à huit branches. Il venait d’entendre sa voix, elle retentissait à ses oreilles. Il écouta encore, attendit… Soudain il se tourna brusquement et quitta la cellule.

Il descendit le perron sans s’arrêter. Son âme exaltée avait soif de liberté, d’espace. Au-dessus de sa tête, la voûte céleste s’étendait à l’infini, les calmes étoiles scintillaient. Du zénith à l’horizon apparaissait, indistincte, la voie lactée. La nuit sereine enveloppait la terre. Les tours blanches et les coupoles dorées se détachaient sur le ciel de saphir. Autour de la maison les opulentes fleurs d’automne s’étaient endormies jusqu’au matin. Le calme de la terre paraissait se confondre avec celui des cieux: le mystère terrestre confinait à celui des étoiles. Aliocha, immobile, regardait; soudain, comme fauché, il se prosterna.

Il ignorait pourquoi il étreignait la terre, il ne comprenait pas pourquoi il aurait voulu, irrésistiblement, l’embrasser tout entière; mais il l’embrassait en sanglotant, en l’inondant de ses larmes, et il se promettait avec exaltation de l’aimer, de l’aimer toujours.» Arrose la terre de larmes de joie et aime-les…» Ces paroles retentissaient dans son âme. Sur quoi pleurait-il? Oh! dans son extase, il pleurait même sur ces étoiles qui scintillaient dans l’infini, et «n’avait pas honte de cette exaltation». On aurait dit que les fils de ces mondes i

Trois jours après, il quitta le monastère, conformément à la volonté de son starets, qui lui avait ordo

Livre VIII: Mitia

I. Kouzma Samsonov

Dmitri Fiodorovitch, à qui Grouchegnka, en volant vers une vie nouvelle, avait fait transmettre son dernier adieu, voulant qu’il se souvînt toute sa vie d’une heure d’amour, était en ce moment aux prises avec les pires difficultés. Comme lui-même le dit par la suite, il passa ces deux jours sous la menace d’une congestion cérébrale. Aliocha n’avait pu le découvrir la veille, et il n’était pas venu au rendez-vous assigné par Ivan au cabaret. Conformément à ses instructions, ses logeurs gardèrent le silence. Durant ces deux jours qui précédèrent la catastrophe, il fut littéralement aux abois, «luttant avec sa destinée pour se sauver», suivant sa propre expression. Il s’absenta même quelques heures de la ville pour une affaire urgente, malgré sa crainte de laisser Grouchegnka sans surveillance. L’enquête ultérieure précisa l’emploi de son temps de la façon la plus formelle; nous nous bornerons à noter les faits essentiels.

Bien que Grouchegnka l’eût aimé pendant une heure, elle le tourmentait impitoyablement. D’abord, il ne pouvait rien co

Il y avait bien une autre solution, une autre issue, terrible celle-là. Si tout à coup, elle lui disait: «Va-t’en; j’ai choisi Fiodor Pavlovitch, je l’épouserai, je n’ai pas besoin de toi.» Alors… oh! alors… Mitia ignorait d’ailleurs ce qui arriverait alors, et il l’ignora jusqu’au dernier moment, on doit lui rendre cette justice. Il n’avait pas d’intentions arrêtées; le crime ne fut pas prémédité. Il se contentait de guetter, d’espio