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Disons un mot de Fiodor Pavlovitch. Il était demeuré longtemps absent de notre ville. Trois ou quatre ans après la mort de sa seconde femme, il partit pour le midi de la Russie et s’établit à Odessa, où il fit la co

J’ai déjà dit qu’il s’était fort ratatiné. Sa physionomie portait alors les traces révélatrices de l’existence qu’il avait menée. Aux pochettes qui pendaient sous ses petits yeux toujours effrontés, méfiants, malicieux, aux rides profondes qui sillo

Quelque temps après avoir découvert la tombe de sa mère, Aliocha lui déclara tout à coup qu’il voulait entrer au monastère où les moines étaient disposés à l’admettre comme novice. Il ajouta que c’était son plus cher désir et qu’il implorait son consentement paternel. Le vieillard savait déjà que le starets Zosime avait produit sur son «doux garçon» une impression particulière.

«Ce starets est assurément le plus ho

– Il n’y a pas de crocs là-bas, proféra Aliocha à voix basse, en regardant sérieusement son père.

– Ah! il n’y a que des ombres de crocs. Je sais, je sais. C’est ainsi qu’un Français décrivait l’enfer:

«J’ai vu l’ombre d’un cocher

Qui, avec l’ombre d’une brosse,

Frottait l’ombre d’un carrosse [18]

D’où sais-tu, mon cher, qu’il n’y a pas de crocs? Une fois chez les moines, tu changeras de note. Au fait, pars, va démêler la vérité et reviens me renseigner, je partirai plus tranquillement pour l’autre monde quand je saurai ce qui s’y passe. Ce sera plus convenable pour toi d’être chez les moines que chez moi, vieil ivrogne, avec des filles… bien que tu sois, comme un ange, au-dessus de tout cela. Il en sera peut-être de même là-bas, et si je te laisse aller, c’est que je compte là-dessus. Tu n’es pas sot. Ton ardeur s’éteindra et tu reviendras guéri. Pour moi, je t’attendrai, car je sens que tu es le seul en ce monde qui ne me blâme point, mon cher garçon; je ne peux pas ne pas le sentir!…»

[18] En français dans le texte russe. Ces vers sont tirés d’une parodie du VIème chant de l’Énéide par les frères Perrault (1643).