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– Cracher! s’exclama le général avec un éto

Le petit Français me jeta un regard méfiant.

– Précisément, répondis-je. Comme j’étais convaincu que, deux jours après, je serais obligé d’aller à Rome pour nos affaires, je m’étais rendu à l’ambassade du Saint-Père pour faire viser mon passeport. Là, je rencontrai un petit abbé d’une cinquantaine d’a

– Pourtant vous… commença le général.

– Ce qui vous a sauvé, remarqua le petit Français en souriant, c’est le mot «hérétique». Hé, hé! ce n’était pas si bête.

– Vaut-il mieux imiter nos Russes? Ils ne se remuent jamais, n’osent proférer un mot et sont tout prêts à renier leur nationalité. On me traita avec plus d’égards quand on co

– Cela ne se peut! s’écria le petit Français. Un soldat français ne tire pas sur un enfant.

– Pourtant cela est, répondis-je froidement.

Le Français se mit à parler beaucoup et vivement. Le général essaya d’abord de le soutenir, mais je lui recommandai de lire les notes du général Perovsky, qui était en 1812 priso

Le soir, j’eus un quart d’heure pour parler à Paulina, pendant la promenade. Tous les nôtres étaient à la gare. Paulina s’assit sur un banc en face de la fontaine. Les enfants jouaient à quelques pas, nous étions seuls. Nous parlâmes d’abord d’affaires. Paulina se fâcha net, quand je lui remis sept cents guldens [3]. Elle comptait qu’on m’en eût do

– Il me faut de l’argent coûte que coûte ou je suis perdue.

Je lui demandai ce qui s’était passé durant mon absence.

– Rien, sauf qu’on a reçu de Pétersbourg deux nouvelles; d’abord que la grand’mère était au plus mal, puis, deux jours après, qu’elle était morte. Cette dernière nouvelle émanait de Timothée Petrovitch, un homme très sûr.

– Ainsi tout le monde est dans l’attente.

– Depuis six mois on n’attendait que cela.

– Avez-vous des espérances perso

– Je ne suis pas parente, je ne suis que la belle-fille du général. Pourtant, je suis sûre qu’elle ne m’a pas oubliée dans son testament.

– Je crois même qu’elle vous aura beaucoup avantagée, répondis-je affirmativement.

– Oui, elle m’aimait. Mais pourquoi avez-vous cette idée?

Je lui répondis par une question:

– Notre marquis n’est-il pas dans ce secret de famille?

– En quoi cela vous intéresse-t-il?

– Mais, si je ne me trompe, dans le temps, le général a dû lui emprunter de l’argent.

– En effet.

– Eh bien! aurait-il do

– Oui, vous avez raison. Mais dès qu’il apprendra que j’ai une part dans le testament, il me demandera en mariage. C’est cela, n’est-ce pas, que vous voulez savoir?

– Seulement alors? Je croyais que c’était déjà fait.

– Vous savez bien que non! dit avec impatience Paulina… Où avez-vous rencontré cet Anglais? reprit-elle après un silence.

– Je me doutais bien que vous m’interrogeriez à son sujet.

Je lui racontai ma rencontre avec M. Astley.

– Il est amoureux de vous, n’est-ce pas?

– Oui.

– Et il est dix fois plus riche que le Français? Qui sait même si le Français a de la fortune!

– Pas sûr. Un château quelque part.

– À votre place, j’épouserais l’Anglais.

– Pourquoi?

– Le Français est mieux, mais plus vil; l’Anglais est ho

– Le Français est marquis et plus intelligent.

– Qu’en savez-vous?

Mes questions déplaisaient à Paulina. Je voyais qu’elle voulait m’irriter par l’impertinence de ses réponses. Je lui exprimai aussitôt cette pensée.

– Je m’amuse en effet de vos colères, répliqua-t-elle. Il faut que vous me payiez l’impertinence de vos questions.

– J’estime, en effet, que j’ai le droit de vous poser toute sorte de questions, répondis-je très tranquillement, puisque je suis prêt à payer mes impertinences et à vous do

[2] Pane: «monsieur», en polonais.

[3] Mo