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» Ma mère était effrayée. Elle se jeta vers lui… Il la regardait à peine. Je voyais tout. Il était tout mouillé, tremblant; la tempête l’avait poursuivi pendant vingt verstes… D’où venait-il? Ma mère ni moi ne le savions jamais. Nous ne l’avions pas vu depuis déjà neuf semaines… Il ôta son bo

Catherine passa la main sur son visage comme si quelque chose l’étouffait. Mais, une minute après, elle releva la tête et continua:

«Il se mit à parler à ma mère, en tatare. Ma mère savait cette langue; moi je ne comprenais pas un mot. Parfois, quand il venait, on me renvoyait… Maintenant, ma mère n’osait pas dire un mot à son propre enfant… Le diable achète mon âme et moi, contente, je regarde ma mère. Je vois qu’on me regarde, qu’on parle de moi… Ma mère se mit à pleurer… Il saisit son couteau. Plusieurs fois déjà, il lui était arrivé devant moi de saisir un couteau quand il parlait à ma mère. Je me levai et me crampo

Ordynov écoutait attentivement ce récit embrouillé. Peu à peu le trouble de Catherine se dissipait. Son débit devenait plus calme; les souvenirs entraînaient la pauvre créature et dispersaient son angoisse sur l’immensité du passé.

«Il mit son bo

» Ma mère resta un moment sans mot dire, toute pâle, comme si elle avait peur de me parler, puis: «Qu’est-ce que c’est, ma petite Catherine?» Et moi je répondis: «C’est pour toi que ce marchand les a apportées… Moi j’ignore…» Je la regardai. Elle fondit en larmes: «Ce n’est pas pour moi, Catherine, ce n’est pas pour moi, méchante fille. Ce n’est pas pour moi.» Je me rappelle avec quelle tristesse elle prononça ces paroles. Comme si son cœur se fendait. Je levai les yeux… Je voulais me jeter à ses pieds. Mais, soudain, le diable me souffla: «Eh bien, si ce n’est pas pour toi, c’est probablement pour mon père. Je les lui do

» Cinq jours s’écoulèrent. Vers le soir du cinquième jour mon père arriva, les sourcils froncés, l’air courroucé. Mais en route la maladie l’avait brisé. Je regarde: son bras était bandé. Je compris que son e

» Le père est à la maison?» «Oui.» «Et la mère?» «La mère aussi.» «Tais-toi, maintenant. Tu entends?» «J’entends.» «Quoi?» «Le vent sous la fenêtre.» «Eh bien, ma belle, veux-tu tuer ton e

Catherine s’arrêta pour respirer un peu. Tantôt elle frisso

«Alors je suis restée seule et c’était comme si la tempête grondait autour de moi… Soudain, j’entendis des cris… Les ouvriers de l’usine galopaient dans la cour… On criait: «L’usine brûle!» Je me cachai dans un coin. Tous s’enfuyaient de la maison… Je restais seule avec ma mère. Je savais que la vie l’abando