Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 55 из 112

XXXIII

Wronsky, pour la première fois de sa vie, éprouva un mécontentement voisin de la colère. Ce qui le contrariait surtout c’était de ne pouvoir s’expliquer ouvertement, de ne pouvoir dira à A

«Comment ne le comprend-elle pas? Qu’est-ce qui se passe en elle?» se disait-il. Et, tandis que son estime pour le caractère d’A

Rentré dans son appartement, il s’assit tout soucieux auprès de Yavshine qui buvait un mélange d’eau de Seltz et de cognac, ses longues jambes étendues sur une chaise. Wronsky imita son exemple.

«Tu dis le cheval de Louskof? c’est une belle bête que je te conseille d’acheter, commença Yavshine, jetant un coup d’œil sur le visage sombre de son camarade. La croupe est fuyante, mais quelles jambes et quelle tête! on ne saurait mieux trouver.

– Aussi je pense bien le prendre,» répondit Wronsky.

Tout en causant avec son ami, la pensée d’A

«A

Yavshine versa encore un petit verre dans l’eau gazeuse, l’avala et se leva en bouto

«Eh bien? partons-nous? dit-il souriant à moitié sous ses longues moustaches, et montrant ainsi qu’il comprenait la cause de la contrariété de Wronsky, sans y attacher d’importance.

– Je n’irai pas, répondit Wronsky tristement.

– Moi j’ai promis, je dois y aller; au revoir! si tu te ravises, prends le fauteuil de Krasinski qui est libre, ajouta-t-il en sortant.

– Non, j’ai à travailler.»

«On a des e

Wronsky, resté seul, se leva et se prit à marcher de long en large.

«C’est aujourd’hui le 4e abo

«Si tu veux rester chez moi, n’oublie pas ton service, dit-il au valet de chambre qui parut; que ceci n’arrive plus, pourquoi n’es-tu pas venu emporter cela?»

Le valet de chambre, se sentant i

«Ce n’est pas ton affaire, appelle un garçon, et prépare mon habit.» Il so

Le «Kapelldiener» ôta à Wronsky sa pelisse, et, en le reco

Le corridor était vide, sauf deux valets de pied tenant des fourrures et écoutant aux portes; on entendait l’orchestre accompagnant avec soin une voix de femme: la porte s’entr’ouvrit pour do

Les bravos duraient encore quand il pénétra dans la salle, brillamment éclairée; sur la scène, la cantatrice, décolletée et couverte de diamants, saluait en souriant, et se penchait pour ramasser, avec l’aide du ténor qui lui do

Un monsieur admirablement pommadé lui tendait un écrin en allongeant ses bras, et le public entier, loges et parterre, criait, applaudissait et se levait pour mieux voir. Wronsky s’avança au milieu du parterre, s’arrêta et examina le public, moins soucieux que jamais de la scène, du bruit et de tout ce troupeau de spectateurs entassé dans la salle.

C’étaient les mêmes dames dans les loges avec les mêmes officiers derrière elles, les mêmes femmes multicolores, les mêmes uniformes et les mêmes habits noirs; au paradis, la même foule malpropre; et dans toute cette salle comble une quarantaine de perso

L’acte venait de finir; Wronsky s’avança vers les premiers rangs de fauteuils, et s’arrêta près de la rampe à côté de Serpouhowskoï qui, l’ayant aperçu de loin, l’appelait d’un sourire.

Wronsky n’avait pas encore vu A

«Comme tu es reste peu militaire, lui dit Serpouhowskoï; on dirait un diplomate, un artiste…

– Oui, en rentrant à la maison j’ai endossé l’habit, répondit Wronsky souriant et prenant lentement sa lorgnette.

– C’est en quoi je t’envie; quand je rentre en Russie, je t’avoue que je remets ceci à regret, dit-il en touchant ses aiguillettes. Je pleure ma liberté.»

Serpouhowskoï avait depuis longtemps renoncé à pousser Wronsky dans la carrière militaire, mais il l’aimait toujours, et se montra particulièrement aimable pour lui ce soir-là.

«Il est fâcheux que tu aies manqué le premier acte.»

Wronsky examina avec sa lorgnette les baignoires et le premier rang; tout à coup la tête d’A