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Wronsky, A
XIII
Wronsky acheta le petit tableau et décida même Mikhaïlof à faire le portrait d’A
«Cela viendra avec la pratique,» disait Golinitchef pour le consoler; car à ses yeux Wronsky avait du talent, et possédait d’ailleurs une instruction qui devait élever en lui le sentiment de l’art. Au reste, les convictions de Golinitchef étaient corroborées par le besoin qu’il avait des éloges et de la sympathie de Wronsky pour ses propres travaux; c’était un échange de bas procédés.
Mikhaïlof, hors de son atelier, paraissait un autre homme; au palazzo surtout, il se montra respectueux avec affectation, soigneux d’éviter toute intimité avec des gens qu’au fond il n’estimait plus. Il n’appelait Wronsky que «Votre Excellence» et, malgré les invitations réitérées d’A
Cette sourde hostilité produisit une pénible impression, et l’on se trouva mutuellement soulagé lorsque, les séances terminées, Mikhaïlof cessa de venir au palazzo, laissant en souvenir de lui un admirable portrait. Golinitchef fut le premier à exprimer l’idée que le peintre était envieux de Wronsky.
«Ce qui le rend furieux, c’est de voir un homme riche, haut placé, comte par-dessus le marché, ce qui les vexe toujours, arriver sans se do
Wronsky, tout en prenant le parti du peintre, do
Les deux portraits d’A
L’artiste, de son côté, malgré l’attrait que le portrait d’A
L’engouement de Wronsky pour la peinture et le moyen âge fut du reste de courte durée; il eut assez d’instinct artistique pour ne pas achever son tableau, et reco
Mais la vie sans occupation devint vite intolérable dans cette petite ville, le palazzo lui parut tout à coup vieux et sale; les taches des rideaux prirent un aspect sordide, les fentes dans les mosaïques, les écaillures des corniches, l’éternel Golinitchef, le professeur italien et le voyageur allemand devinrent tous intolérablement e
A
Wronsky voulait passer par Pétersbourg pour y conclure un acte de partage avec son frère, et A
XIV
Levine était marié depuis près de trois mois. Il était heureux, mais autrement qu’il ne l’avait pensé, et, malgré certains enchantements imprévus, se heurtait à chaque pas à quelque désillusion. La vie conjugale était très différente de ce qu’il avait rêvé; semblable à un homme qui, ayant admiré la marche calme et régulière d’un bateau sur un lac, voudrait le diriger lui-même, il sentait la différence qui existe entre la simple contemplation et l’action. Il ne suffisait pas de rester assis sans faux mouvements, il fallait encore songer à l’eau sous ses pieds, diriger l’embarcation, soulever d’une main novice les rames pesantes.
Jadis, étant encore garçon, il avait souvent ri intérieurement des petites misères de la vie conjugale: querelles, jalousies, mesquines préoccupations. Jamais rien de semblable ne se produirait dans son ménage, jamais son existence intime ne ressemblerait à celle des autres. Et voilà que ces mêmes petitesses se reproduisaient toutes, et prenaient, quoi qu’il fît, une importance indiscutable.
Comme tous les hommes, Levine s’était imaginé rencontrer les satisfactions de l’amour dans le mariage, sans y admettre aucun détail prosaïque; l’amour devait lui do