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Lorsque l’attendrissement causé par l’approche de la mort eut cessé, Alexis Alexandrovitch remarqua combien A

Vers la fin de février, la petite fille, qu’on avait nommée A

«Qui est là? demanda-t-il.

– La princesse Élisabeth Fédorovna Tverskoï,» répondit le laquais, et Alexis Alexandrovitch crut remarquer qu’il souriait.

Pendant toute cette pénible période, Alexis Alexandrovitch avait noté un intérêt très particulier pour lui et sa femme de la part de leurs relations mondaines, surtout féminines. Il remarquait chez tous cet air joyeux, mal dissimulé dans les yeux de l’avocat, et qu’il retrouvait dans ceux du laquais. Quand on le rencontrait et qu’on lui demandait des nouvelles de sa santé, on le faisait avec une sorte de satisfaction transparente; ses interlocuteurs lui paraissaient tous ravis, comme s’ils allaient marier quelqu’un.

La présence de la princesse ne pouvait être agréable à Karénine; il ne l’avait jamais aimée, et elle lui rappelait de fâcheux souvenirs; aussi passa-t-il directement dans l’appartement des enfants.

Dans la première pièce, Serge, couché sur la table et les pieds sur une chaise, dessinait en bavardant gaiement. La gouvernante anglaise qui avait remplacé la Française peu après la maladie d’A

Alexis Alexandrovitch caressa la tête de son fils, répondit aux questions de la gouvernante sur la santé de madame, et demanda l’opinion du docteur sur l’état de baby.

«Le docteur n’a rien trouvé de fâcheux: il a ordo

– Elle souffre cependant, dit Alexis Alexandrovitch, écoutant crier l’enfant dans la chambre voisine.

– Je crois, monsieur, que la nourrice n’est pas bo

– Qu’est-ce qui vous le fait croire?

– J’ai vu cela chez la comtesse Pahl, monsieur. On soignait l’enfant avec des médicaments, tandis qu’il souffrait simplement de la faim; la nourrice manquait de lait.»

Alexis Alexandrovitch réfléchit et, au bout de quelques instants, entra dans la seconde pièce. La petite fille criait, couchée sur les bras de sa nourrice, la tête renversée, refusant le sein, et sans se laisser calmer par les deux femmes penchées sur elle.

«Cela ne va pas mieux? demanda Alexis Alexandrovitch.

– Elle est très agitée, répondit à mi-voix la bo

– Miss Edwards croit que la nourrice manque de lait, dit-il.

– Je le crois aussi, Alexis Alexandrovitch.

– Pourquoi ne l’avoir pas dit?

– À qui le dire? A

La bo

L’enfant criait de plus en plus fort, perdant haleine et s’enrouant. La bo

«Il faudra prier le docteur d’examiner la nourrice,» dit Alexis Alexandrovitch.

La nourrice, une femme de belle apparence, élégamment vêtue, effrayée de perdre sa place, sourit dédaigneusement, tout en marmottant et en couvrant sa poitrine, à l’idée qu’on pût la soupço

En rentrant dans la salle à manger il so

«S’il ne partait pas, je comprendrais votre refus et le sien» Mais votre mari doit être au-dessus de cela, disait Betsy.

– Il n’est pas question de mon mari, mais de moi, ne m’en parlez plus! répondait la voix émue d’A

– Cependant vous ne pouvez pas ne pas désirer revoir celui qui a failli mourir pour vous…

– C’est pour cela que je ne veux pas le revoir.»

Karénine s’arrêta effrayé comme un coupable; il aurait voulu s’éloigner sans être entendu; mais, réfléchissant que cette fuite manquait de dignité, il continua son chemin en toussant: les voix se turent et il entra dans la chambre.

A

«Ah! fit-elle, l’air éto

Alexis Alexandrovitch salua froidement et, baisant la main de sa femme, s’enquit de sa santé.

«Il me semble que je vais mieux, répondit-elle, évitant son regard.

– Vous avez cependant une animation fiévreuse, dit-il, insistant sur le dernier mot.

– Nous avons trop causé, dit Betsy, je sens que c’est de l’égoïsme de ma part et je me sauve.»