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Levine regarda distraitement la voiture sans songer à ceux qu’elle pouvait contenir.
Une vieille femme y sommeillait, et à la portière une jeune fille jouait avec le ruban de sa coiffure de voyage; sa physionomie calme et pensive semblait refléter une âme élevée. Elle regardait les lueurs de l’aurore au-dessus de la tête de Levine. Au moment où la vision allait disparaître, deux yeux limpides s’étaient arrêtés sur lui; il la reco
Il regarda le ciel, espérant y retrouver ces teintes nacrées qu’il avait admirées, et qui lui avaient semblé perso
«Non, pensa-t-il, quelque belle que soit cette vie simple et laborieuse, je n’y puis plus revenir. C’est elle que j’aime.»
XIII
Perso
Lorsque, en revenant des courses, A
En approchant de la maison, il fit un grand effort pour descendre de voiture et pour quitter sa femme avec les dehors de politesse habituels; il lui dit quelques mots qui n’engageaient à rien, bien résolu à remettre toute espèce de décision au lendemain.
Les paroles d’A
Alexis Alexandrovitch en était là. Il avait éprouvé une souffrance étrange, terrible, mais c’était fini: il pourrait dorénavant avoir d’autre pensée que celle de sa femme.
«C’est une femme perdue, sans ho
«Faut-il me rendre malheureux parce qu’une femme méprisable a commis une erreur? Je ne suis ni le premier ni le dernier dans cette situation.» Et, sans parler de l’exemple historique que la belle Hélène venait de rafraîchir récemment dans toutes les mémoires, Alexis Alexandrovitch se souvint d’une série d’épisodes contemporains où des maris de la position la plus élevée avaient eu à déplorer l’infidélité de leurs femmes.
«Darialof, Poltovsky, le prince Karibanof, Dramm, oui, l’ho
«En bien, ce qui a frappé tant d’autres me frappe à mon tour. L’essentiel est de savoir tenir tête à la situation.» Et il se rappela les diverses façons dont tous ces hommes s’étaient comportés.
«Darialof a pris le parti de se battre…» Dans sa jeunesse, et en raison même de son tempérament craintif, Alexis Alexandrovitch avait souvent été préoccupé de la pensée du duel. Rien ne lui semblait terrible comme l’idée d’un pistolet braqué sur lui, et jamais il ne s’était servi d’aucune arme. Cette horreur instinctive lui inspira bien des réflexions; il chercha à s’habituer à l’éventualité possible où l’obligation de risquer sa vie s’imposerait à lui. Plus tard, parvenu à une haute position sociale, ces impressions s’effacèrent; mais l’habitude de redouter sa propre lâcheté était si forte, qu’en ce moment Alexis Alexandrovitch resta longtemps en délibération avec lui-même, envisageant la perspective d’un duel, et l’examinant sous toutes ses faces, malgré la conviction intime qu’il ne se battrait en aucun cas.
«L’état de notre société est encore si sauvage que bien des gens approuveraient un duel: ce n’est pas comme en Angleterre.»