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– Pardon, interrompit en souriant Serge Ivanitch; il n’était pas de notre intérêt de travailler à l’émancipation des paysans: nous l’avons cependant fait.

– Oh! l’émancipation était une autre affaire, reprit Constantin en s’animant de plus en plus; c’était bien notre intérêt perso

Et Constantin, entraîné par son sujet, représenta la scène entre le président et l’accusé, s’imaginant continuer ainsi la discussion.

Serge Ivanitch leva les épaules.

«Qu’entends-tu par là?

– J’entends que, lorsqu’il s’agira de droits qui me toucheront, qui toucheront à mes intérêts perso

La digue était rompue; Constantin parlait sans s’arrêter. Serge sourit.

«Et si demain tu as un procès, tu préférerais être jugé par les tribunaux d’autrefois?

– Je n’aurai pas de procès; je n’assassinerai perso

Serge Ivanitch haussa les épaules en signe d’éto

«Ceci n’est pas un raiso

Mais Constantin, pour tâcher d’expliquer cette absence d’intérêt pour les affaires publiques, dont il se sentait coupable, continua:

«Je crois qu’il n’y a pas d’activité durable si elle n’est pas fondée sur l’intérêt perso

Serge Ivanitch sourit encore. «Lui aussi, se dit-il, se fait une philosophie pour la mettre au service de ses penchants!

– Laisse la philosophie tranquille. Son but a précisément été, dans tous les temps, de saisir ce lien indispensable qui existe entre l’intérêt perso

Et pour mieux démontrer l’erreur que son frère commettait, il discuta la question au point de vue de la philosophie de l’histoire, un terrain sur lequel Constantin ne pouvait pas le suivre.

«Quant à ton peu de goût pour les affaires, tu m’excuseras si je le mets sur le compte de notre paresse russe, de nos ancie

Constantin ne répondit pas; il se sentait battu à plate couture, et sentait également que son frère n’avait pas compris, ou n’avait pas voulu comprendre sa pensée. Était-ce lui qui ne savait pas s’expliquer clairement, ou son frère qui y mettait de la mauvaise volonté? Sans approfondir cette question, il ne répliqua pas et s’absorba dans ses réflexions.

Serge Ivanitch retira ses lignes, détacha le cheval, et ils partirent.

IV

Levine, l’a

Depuis l’arrivée de Serge, il se demandait s’il pourrait do

«Il me faut absolument un exercice violent, sinon mon caractère deviendra intraitable», pensa-t-il, décidé à braver l’e

Le même soir, en allant do

«Vous enverrez ma faux à Tite pour qu’il la repasse demain, je faucherai peut-être moi-même.»

L’intendant sourit et répondit:

«C’est bien.»

Plus tard, en prenant le thé, Levine dit à son frère:

«Décidément le temps se met au beau, je faucherai demain.

– J’aime beaucoup ce travail, dit Serge Ivanitch.

– Moi, je l’aime extrêmement; il m’est arrivé de faucher l’a

Serge Ivanitch leva la tête et regarda son frère avec éto

«Comment l’entends-tu? travailler toute la journée comme un paysan?

– Oui, c’est très amusant.

– C’est un excellent exercice physique, mais pourras-tu supporter une fatigue pareille? demanda Serge sans aucune intention ironique.

– Je l’ai essayé. Au commencement, c’est dur, puis on s’entraîne. Je crois bien que j’irai jusqu’au bout.

– Vraiment? Mais de quel œil les paysans voient-ils cela? Ne tournent-ils pas en ridicule les manies du maître? Et puis, comment feras-tu pour dîner? On ne peut guère se faire porter là-bas une bouteille de laffitte et un dindo

– Je rentrerai à la maison pendant que les paysans se reposeront.»

Le lendemain matin, quoique levé plus tôt que de coutume, Levine, en arrivant à la prairie, trouva les faucheurs déjà à l’ouvrage.