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– Vous le gâterez.

– Non, je ne le gâterai pas. Et votre femme? dit tout à coup la baro

– Non, baro

– Tant mieux, tant mieux; do

Et, sans le laisser partir, la baro

«Il ne veut toujours pas m’autoriser au divorce! Que dois-je faire? (Il, c’était le mari.) Je compte lui intenter un procès. Qu’en pensez-vous? Kamerowsky, surveillez donc le café, il déborde: vous voyez bien que je parle affaires! Je compte donc lui intenter un procès pour avoir ma fortune. Comprenez-vous cette sottise? Sous prétexte que je lui suis infidèle, il veut profiter de mon bien!»

Wronsky s’amusait de ce bavardage, approuvait la baro

Selon les idées de ce monde pétersbourgeois, l’humanité se divise en deux classes bien distinctes: la première, composée des gens insipides, sots, et surtout ridicules, qui s’imaginent qu’un mari doit vivre seulement avec la femme qu’il a épousée, que les jeunes filles doivent être pures, les femmes chastes, les hommes courageux, tempérants et fermes; qu’il faut élever ses enfants, gagner sa vie, payer ses dettes et autres niaiseries de ce genre. Ce sont les démodés et les e

Wronsky, encore sous l’impression de l’atmosphère si différente de Moscou, fut quelque peu étourdi de retrouver son ancie

Le fameux café ne fut jamais servi, il déborda de la cafetière sur un tapis de prix, tacha la robe de la baro

«Eh bien, maintenant je pars, car si je restais encore, vous ne feriez jamais votre toilette, et j’aurais sur la conscience le pire des crimes que puisse commettre un homme bien élevé, celui de ne pas se laver. Alors vous me conseillez de lui mettre le couteau sur la gorge?

– Certainement, et de façon à approcher votre petite main de ses lèvres; il la baisera, et tout se terminera à la satisfaction générale, répondit Wronsky.

– À ce soir, au Théâtre français!» Et la petite baro

Kamerowsky se leva également, et Wronsky, sans attendre son départ, lui tendit la main et passa dans le cabinet de toilette.

Pendant qu’il se lavait, Pétritzky lui esquissa en quelques traits l’état de sa situation. Pas d’argent, un père qui déclarait n’en plus vouloir do

«Est-ce possible? s’écria-t-il en lâchant la pédale de son lavabo qui arrosait d’un jet d’eau sa tête et son large cou. Est-ce possible? – Il venait d’apprendre que Laure avait quitté Fertinghof pour Miléef. – Et il est toujours aussi bête et aussi content de lui? Et Bousoulkof?

– Ah! Bousoulkof! c’est tout une histoire! dit Pétritzky. Tu co

– J’écoute, j’écoute, répondit Wronsky en se frottant le visage avec un essuie-main.

– Une grande duchesse vient à passer au bras d’un ambassadeur étranger et, pour son malheur, la conversation tombe sur les nouveaux casques. La grande duchesse aperçoit notre ami, debout, casque en tête (et Pétritzky se posait comme Bousoulkof en grande tenue), et le prie de vouloir bien montrer son casque. Il ne bouge pas. Qu’est-ce que cela signifie? Les camarades lui font des signes, des grimaces. – «Mais do

Wronsky riait aux larmes, et longtemps après, en parlant de toute autre chose, il riait encore en songeant, à ce malheureux casque, d’un bon rire jeune qui découvrait ses dents blanches et régulières.

Une fois instruit des nouvelles du jour, Wronsky passa son uniforme avec l’aide de son valet de chambre, et alla se présenter à la Place; il voulait ensuite entrer chez son frère, chez Betsy, et faire une tournée de visites afin de pouvoir paraître dans le monde fréquenté par les Karénine. Ainsi que cela se pratique toujours à Pétersbourg, il quitta son logis avec l’intention de n’y rentrer que fort avant dans la nuit.

DEUXIÈME PARTIE

I

Vers la fin de l’hiver, les Cherbatzky eurent une consultation de médecins au sujet de la santé de Kitty; elle était malade, et l’approche du printemps ne faisait qu’empirer son mal. Le médecin de la maison lui avait ordo

C’est alors qu’on résolut de consulter une célébrité médicale. Cette célébrité, un homme jeune encore, et fort bien de sa perso

Il fallut bien se résigner, car, quoique tous les médecins fissent partie de la même école, étudiassent les mêmes livres, eussent par conséquent une seule et même science, on avait, pour une raison quelconque, décidé autour de la princesse que la célébrité médicale en question possédait la science spéciale qui devait sauver Kitty. Après un examen approfondi, une auscultation sérieuse de la pauvre malade confuse et éperdue, le célèbre médecin se lava les mains avec soin, et retourna au salon auprès du prince. Celui-ci l’écouta en toussotant, d’un air sombre. En homme qui n’avait jamais été malade, il ne croyait pas à la médecine, et en homme de sens il s’irritait d’autant plus de toute cette comédie qu’il était peut-être le seul à bien comprendre la cause du mal de sa fille. «En voilà un qui revient bredouille,» se dit-il en exprimant par ce terme de chasseur son opinion sur le diagnostic du célèbre docteur. Celui-ci de son côté, condescendant avec peine à s’adresser à l’intelligence médiocre de ce vieux gentillâtre, dissimula mal son dédain. À peine lui semblait-il nécessaire de parler à ce pauvre homme, la tête de la maison étant la princesse. C’est devant elle qu’il se préparait à répandre ses flots d’éloquence; elle entra à ce moment avec le médecin de la maison, et le vieux prince s’éloigna pour ne pas trop montrer ce qu’il pensait de tout cela. La princesse, troublée, ne savait plus que faire; elle se sentait bien coupable à l’égard de Kitty.