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Quelques jours après, Mme d’Ormoy me vint voir avec sa fille. Elle m’apprit que son livre faisait le plus grand bruit à cause d’une note qui le lui attirait; j’avais à peine remarqué cette note en parcourant rapidement ce roman. Je la relus après le départ de Mme d’Ormoy, j’en examinai la tournure, j’y crus trouver le motif de ses visites, de ses cajoleries, des grosses louanges de sa préface, et je jugeai que tout cela n’avait d’autre but que de disposer le public à m’attribuer la note et par conséquent le blâme qu’elle pouvait attirer à son auteur dans la circonstance où elle était publiée.
Je n’avais aucun moyen de détruire ce bruit et l’impression qu’il pouvait faire, et tout ce qui dépendait de moi était de ne pas l’entretenir en souffrant la continuation des vaines et ostensives visites de Mme d’Ormoy et de sa fille. Voici pour cet effet le billet que j’écrivis à la mère:
«Rousseau ne recevant chez lui aucun auteur remercie madame d’Ormoy de ses bontés et la prie de ne plus l’honorer de ses visites.»
Elle me répondit par une lettre ho
J’étais déjà sorti plusieurs fois et je me promenais même assez souvent aux Tuileries, quand je vis à l’éto
Cette nouvelle fut accompagnée d’une circonstance encore plus singulière que je n’appris que par hasard et dont je n’ai pu savoir aucun détail. C’est qu’on avait ouvert en même temps une souscription pour l’impression des manuscrits que l’on trouverait chez moi. Je compris par là qu’on tenait prêt un recueil d’écrits fabriqués tout exprès pour me les attribuer d’abord après ma mort: car de penser qu’on imprimât fidèlement aucun de ceux qu’on pourrait trouver en effet, c’était une bêtise qui ne pouvait entrer dans l’esprit d’un homme sensé, et dont quinze ans d’expérience ne m’ont que trop garanti.
Ces remarques faites coup sur coup et suivies de beaucoup d’autres qui n’étaient guère moins éto
Mais cette fois j’allai plus loin. L’amas de tant de circonstances fortuites, l’élévation de tous mes plus cruels e
Cette idée, loin de m’être cruelle et déchirante, me console, me tranquillise, et m’aide à me résigner. Je ne vais pas si loin que saint Augustin, qui se fût consolé d’être damné si telle eût été la volonté de Dieu. Ma résignation vient d’une source moins désintéressée il est vrai, mais non moins pure et plus digne à mon gré de l’Être parfait que j’adore. Dieu est juste; il veut que je souffre; et il sait que je suis i
TROISIÈME PROMENADE
«Je deviens vieux en apprenant toujours.»
Solon répétait souvent ce vers dans sa vieillesse.
Il a un sens dans lequel je pourrais le dire aussi dans la mie
Eh que me servent des lumières si tard et si douloureusement acquises sur ma destinée et sur les passions d’autrui dont elle est l’œuvre! Je n’ai appris à mieux co