Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 20 из 29

Une autre chose contribue encore à éloigner du règne végétal l’attention des gens de goût; c’est l’habitude de ne chercher dans les plantes que des drogues et des remèdes. Théophraste s’y était pris autrement, et l’on peut regarder ce philosophe comme le seul botaniste de l’antiquité: aussi n’est-il presque point co

Ces idées médicinales ne sont assurément guère propres à rendre agréable l’étude de la botanique, elles flétrissent l’émail des prés, l’éclat des fleurs, dessèchent la fraîcheur des bocages, rendent la verdure et les ombrages insipides et dégoûtants; toutes ces structures charmantes et gracieuses intéressent fort peu quiconque ne veut que piler tout cela dans un mortier, et l’on n’ira pas chercher des guirlandes pour les bergères parmi des herbes pour les lavements.

Toute cette pharmacie ne souillait point mes images champêtres; rien n’en était plus éloigné que des tisanes et des emplâtres. J’ai souvent pensé en regardant de près les champs, les vergers, les bois et leurs nombreux habitants, que le règne végétal était un magasin d’aliments do

Ces tournures d’esprit qui rapportent toujours tout à notre intérêt matériel, qui font chercher partout du profit ou des remèdes, et qui feraient regarder avec indifférence toute la nature si l’on se portait toujours bien, n’ont jamais été les mie

Non, rien de perso

Forcé de m’abstenir de penser, de peur de penser à mes malheurs malgré moi; forcé de contenir les restes d’une imagination riante mais languissante, que tant d’angoisses pourraient effaroucher à la fin; forcé de tâcher d’oublier les hommes, qui m’accablent d’ignominies et d’outrages, de peur que l’indignation ne m’aigrît enfin contre eux, je ne puis cependant me concentrer tout entier en moi-même, parce que mon âme expansive cherche malgré que j’en aie à étendre ses sentiments et son existence sur d’autres êtres, et je ne puis plus comme autrefois me jeter tête baissée dans ce vaste océan de la nature, parce que mes facultés affaiblies et relâchées ne trouvent plus d’objets assez déterminés, assez fixes, assez à ma portée pour s’y attacher fortement, et que je ne me sens plus assez de vigueur pour nager dans le chaos de mes ancie

Fuyant les hommes, cherchant la solitude, n’imaginant plus, pensant encore moins, et cependant doué d’un tempérament vif qui m’éloigne de l’apathie languissante et mélancolique, je commençai de m’occuper de tout ce qui m’entourait et par un instinct fort naturel je do