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– À moi!… s’écria-t-elle, à l’aide!… au secours!…
Onze heures so
La voix de Mme Blanche devait se perdre dans l’immense solitude de la nuit.
En bas, dans le jardin, tante Médie entendait sans doute, mais elle se fût laissée hacher en morceaux plutôt que d’entrer.
Et cependant, il se trouva quelqu’un pour recueillir ces cris de détresse.
Moins éperdues de douleur et d’épouvante, les deux jeunes femmes eussent remarqué le bruit de l’escalier, craquant sous le poids d’un homme qui montait à pas muets…
Ce n’était pas un sauveur, car il ne se montra pas.
Mais fût-on venu aux appels désespérés de Mme Blanche, il était trop tard.
Marie-A
Aussi, quand Mme Blanche parut prête à s’élancer dehors pour courir chercher des secours, elle la retint d’un geste doux, et d’une voix éteinte:
– Blanche!… murmura-t-elle.
L’empoiso
– N’appelle plus, poursuivit Marie-A
– Tais-toi! ne parle pas ainsi! Il ne faut pas, je ne veux pas que tu meures!… Si tu mourais, grand Dieu!… quelle serait ma vie, après!
Marie-A
Mais l’horreur même de la situation rendit à Mme Blanche une lueur de raison.
– Rien n’est perdu, s’écria-t-elle. C’est dans cette grande boîte-là, sur la table, que j’ai trouvé, que j’ai pris, – elle n’osa pas prononcer le mot: poison, – la poudre que j’ai versée dans la tasse. Tu sais quelle est cette poudre, tu dois co
Marie-A
– Rien ne peut plus me sauver, murmura-t-elle d’une voix à peine distincte, et entrecoupée de hoquets sinistres; mais je ne me plains pas. Qui sait de quelles chutes la mort me préserve peut-être. Je ne regrette pas la vie. J’ai tant souffert depuis un an, j’ai subi tant d’humiliations, j’ai tant pleuré… La fatalité était sur moi!…
Elle eut, en ce moment, cet éclair de seconde vue qui illumine les agonisants. Le sens des événements éclata. Elle comprit qu’elle-même avait fait sa destinée, et qu’en acceptant le rôle de perfidie et de mensonge composé par son père, elle avait rendu possibles et comme préparé les mensonges, les perfidies, les crimes, les erreurs et les trompeuses apparences dont enfin elle était victime.
Sa parole allait s’éteignant comme celle d’une perso
Elle s’abando
– Mon enfant!…
Rassemblant en un effort surhumain tout ce que le poison lui laissait de volonté, d’énergie et de forces, elle s’était redressée sur son fauteuil, le visage contracté par une indicible angoisse…
– Blanche!… prononça-t-elle d’un accent bref dont on l’eût crue incapable, écoute-moi: c’est le secret de ma vie qu’il faut que je te dise… perso
Mme Blanche était comme frappée de vertige.
– Je jure!… dit-elle, je jure!…
– Eh bien! à ce prix, mais à ce prix seulement, je te pardo
– Je me souviendrai, balbutia Mme Blanche, je me souviendrai. Mais… ton enfant…
– Ah!… j’ai eu peur… Lâche créature que je suis, j’ai reculé devant la honte… puis, Maurice commandait… Je me suis séparée de mon enfant… ta jalousie et ma mort sont le châtiment… Pauvre être… je l’ai livré à des étrangers… Malheureuse que je suis… malheureuse… Ah! c’est trop souffrir… Blanche, souviens-toi!…
Elle bégaya quelques mots encore, mais indistincts, incompréhensibles…
Mme Blanche, hors de soi, eut la force de lui prendre le bras, et de le secouer…
– À qui as-tu confié ton enfant, répéta-t-elle, à qui?… où?… Marie-A
Les lèvres de l’infortunée s’agitèrent, mais sa gorge ne rendit qu’un râle sourd…
Elle s’était affaissée sur son fauteuil; une convulsion suprême la tordit comme un lien de fagot; elle glissa sur le tapis et tomba tout de son long, sur le dos…
Marie-A
Elle était morte, et l’empoiso
Toutes ses pensées tourbillo
Mais l’homme qui était venu quand elle avait crié au secours, veillait sur elle. Quand il vit que Marie-A
– Chupin!… balbutia Mme Blanche, rappelée au sentiment de la réalité.
– En perso
Machinalement, l’empoiso