Страница 146 из 243
Et, entêtés chacun dans son opinion, ils discutaient sans se convaincre.
– Il faut décourager les rebelles en les frappant d’épouvante! criait M. de Courtomieu.
– Je ne veux pas exaspérer l’opinion, disait le duc.
– Eh!… qu’importe l’opinion!…
– Soit!… mais alors do
Ni l’un ni l’autre n’osait dire la raison vraie de son obstination.
Mlle Blanche était arrivée le matin à Montaignac, elle avait confié à son père ses angoisses et ses souffrances et elle avait fait jurer qu’il profiterait de cette occasion pour la débarrasser de Marie-A
De son côté, le duc de Sairmeuse, persuadé que Marie-A
Le duc lui avait dit: «Eh bien! vidons cette querelle…» en regardant si amoureusement une paire de pistolets, qu’il avait senti un frisson taquin courir le long de sa maigre échine…
Ils sortiront donc ensemble pour se rendre près des priso
Et tant que dura le jour, Maurice ne put détacher ses yeux du télégraphe aérien établi sur la citadelle, et dont les bras noirs s’agitaient incessamment.
– Quels ordres traversent l’espace?… disait-il à l’abbé Midon; est-ce la vie? est-ce la mort?…
XXVI
– «Surtout, hâtez-vous!» avait dit Maurice au messager qu’il chargeait de porter une lettre à sa mère.
Cet homme n’arriva pourtant à Escorval qu’à la nuit tombante.
Troublé par la peur, il s’était égaré à chercher des chemins de traverse, et il avait fait dix lieues pour éviter tous les gens qu’il apercevait, paysans ou soldats.
Mme d’Escorval lui arracha la lettre des mains, plutôt qu’elle ne la prit. Elle l’ouvrit, la lut à haute voix à Marie-A
– Partons!
C’était plus aisé à dire qu’à exécuter.
Il n’y avait jamais eu que trois chevaux à Escorval; l’un était aux trois quarts mort de sa course furibonde de la veille; les deux autres étaient à Montaignac.
Comment faire?… Recourir à l’obligeance des voisins était l’unique ressource.
Mais ces voisins, de braves gens d’ailleurs, qui avaient appris l’arrestation du baron, refusèrent bravement de prêter leurs bêtes. Ils estimaient que ce serait se compromettre gravement que de rendre un service, si léger qu’il pût paraître, à la femme d’un homme sous le poids de la plus terrible des accusations.
Mme d’Escorval et Marie-A
– Minute! dit-il, je me charge de la chose!…
Il s’éloigna, et un quart d’heure après reparut, traînant par le licol une vieille jument de labour, bien lente, bien lourde, qu’on harnacha tant bien que mal et qu’on attela au cabriolet… On irait au pas, mais on irait.
À cela ne devait pas se borner la complaisance du vieux troupier.
Sa mission était terminée, puisque M. d’Escorval était arrêté, et il n’avait plus qu’à rejoindre son régiment.
Il déclara donc qu’il ne laisserait pas des «dames» voyager seules, de nuit, sur une route où elles seraient exposées à de fâcheuses rencontres, et qu’il les escorterait avec ses deux grenadiers…
– Et tant pis pour qui s’y frotterait, disait-il en faisant so
Comme toujours, les deux hommes approuvèrent par un juron.
Et en effet, tout le long de la route, Mme d’Escorval et Marie-A
Aux portes de Montaignac seulement, le vieux soldat quitta ses «protégées,» non sans les avoir respectueusement saluées, tant en son nom qu’en celui de ses deux hommes, non sans s’être mis à leur disposition si elles avaient jamais besoin de lui, Bavois, caporal de grenadiers, 1ère compagnie, caserné à la citadelle…
Dix heures so
Elles trouvèrent Maurice désespéré et l’abbé Midon perdant courage.
C’est que, depuis l’instant où Maurice avait écrit, les événements avaient marché, et avec quelle épouvantable rapidité!…
On co
Le télégraphe avait dit:
«Montaignac doit être regardé comme en état de siège. Les autorités militaires ont un pouvoir discrétio
Six lignes en tout… mais chaque mot était une menace.
Ce qui surtout faisait frémir l’abbé Midon, c’était la substitution d’une commission à la Cour prévôtale.
Cela renversait tous ses plans, stérilisait toutes ses précautions, enlevait les dernières chances de salut.
La Cour prévôtale était certes expéditive et passio
Une commission militaire devait infailliblement négliger toute procédure, et juger les accusés sommairement, comme en temps de guerre on juge un espion.
– Quoi!… s’écriait Maurice, on oserait condamner sans enquête, sans audition de témoins, sans confrontation, sans laisser aux accusés le temps de rassembler les éléments de leur défense!…
L’abbé Midon se tut… Ses plus sinistres prévisions étaient dépassées… Désormais, il croyait tout possible…
Maurice parlait d’enquête… Elle avait commencé dans la journée, et elle se poursuivait, en ce moment même, à la lueur des lanternes des geôliers.