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Les deux soldats répondirent par un grognement sourd.

– Quant à vous, poursuivit le vieux troupier en s’adressant à Maurice et à l’abbé Midon, moi, Bavois, caporal de grenadiers, je vous déclare, tant en mon nom qu’au nom de mes deux hommes, que vous êtes libres comme l’oiseau et que nous n’arrêterons perso

Cet homme, assurément, devait être sincère, mais il pouvait ne l’être pas.

– Nous n’avons rien à cacher, répondit le circonspect abbé Midon.

Le vieux caporal cligna de l’œil d’un air d’intelligence.

– Co

Le curé et Maurice échangèrent un regard de stupeur. Maurice, maintenant, se rappelait qu’en sautant du cabriolet pour soutenir Marie-A

– Secondement, poursuivit Bavois, il y a quelqu’un de caché là-haut… j’ai l’oreille fine! Troisièmement je me suis arrangé pour que perso

Maurice n’y tint plus: il tendit la main au caporal, et d’une voix émue:

– Vous êtes un brave homme!… dit-il.

Quelques instants plus tard, Maurice, l’abbé Midon et Mme d’Escorval, réunis de nouveau au salon, délibéraient sur les mesures de salut qu’il y avait à prendre, quand Marie-A

Tant bien que mal elle avait réparé le désordre de son costume. Elle était affreusement pâle encore, mais sa démarche était ferme.

– Je vais me retirer, madame, dit-elle à la baro

– Malheureuse enfant!… s’écria Mme d’Escorval, où voulez-vous aller!…

Marie-A

– Je l’ignore, madame, répondit-elle; mais le devoir commande… Je dois savoir ce que sont devenus mon père et mon frère et partager leur sort…

– Quoi!… s’écria Maurice, toujours cette pensée de mort!… Vous savez bien, cependant, que vous n’avez plus le droit de disposer de votre vie!…

Il s’arrêta, il avait failli laisser échapper un secret qui n’était pas le sien… Mais une inspiration lui venant, il se jeta aux pieds de Mme d’Escorval:

– O ma mère, lui dit-il, mère chérie, la laisserons-nous s’éloigner?… Je puis périr en essayant de sauver mon père… Elle serait ta fille alors, elle que j’ai tant aimée, tu reporterais sur elle tes tendresses divines…

Marie-A

XXV

Le secret que les approches de la mort avaient arraché à Marie-A

Mais cette circonstance n’inquiétait pas Maurice.

Sa foi en sa mère était absolue, complète; il était sûr qu’elle pardo

Les femmes aimantes, chastes épouses et mères sans reproche, gardent au fond du cœur des trésors d’indulgence pour les entraînements de la passion.

Elles peuvent mépriser et braver les préjugés hypocrites, celles dont la vertu immaculée n’eut jamais besoin des honteuses transactions du monde.

Et d’ailleurs, est-il une mère qui, secrètement, n’excuse la jeune fille qui n’a pu se défendre de l’amour de son fils, à elle, de ce fils que son imagination pare de séductions irrésistibles!…

Toutes ces réflexions avaient traversé l’esprit de Maurice, et plus tranquille sur le sort de Marie-A

Le jour venait… Maurice déclara qu’il allait endosser un déguisement et se rendre à Montaignac.

À ces mots, Mme d’Escorval se détourna, cachant son visage dans les coussins du canapé pour y étouffer ses sanglots.

Elle tremblait pour la vie de son mari, et voici que son fils se précipitait au-devant du danger… Peut-être; avant le coucher de ce soleil qui se levait, n’aurait-elle ni mari ni fils.

Et pourtant elle ne dit pas: «Non, je ne veux pas!» Maurice ne remplissait-il pas un devoir sacré!… Elle l’eût aimé moins, si elle l’eût cru capable d’une lâche hésitation. Elle eût séché ses larmes s’il l’eût fallu, pour lui dire: «Pars!»

Tout d’ailleurs n’était-il pas préférable aux horreurs de cette incertitude où on se débattait depuis des heures!…

Maurice gagnait déjà la porte pour monter revêtir un travestissement, l’abbé Midon lui fit signe de rester.

– Il faut, en effet, courir à Montaignac, lui dit-il, mais vous déguiser serait une folie. Infailliblement vous seriez reco

Maurice paraissait indécis.

– Suis les conseils de M. le curé, mon fils, dit Mme d’Escorval, il sait mieux que nous ce que nous devons faire.

– J’obéirai, mère!

L’abbé n’avait pas attendu cet assentiment pour courir do

C’était, depuis l’aveu de Marie-A

Ils étaient debout, à deux pas l’un de l’autre, les yeux encore brillants de pleurs répandus, et ils restèrent ainsi un instant, immobiles, pâles, oppressés, trop émus pour pouvoir traduire leur sensation.