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La seule réponse qu'on puisse faire aujourd'hui à cette question est la suivante: si la révolution russe do
Karl Marx, Friedrich Engels
Londres, 21 janvier 1882
Une nouvelle traduction polonaise parut, à la même époque, à Genève: Manifest Kommunistyczny.
Depuis, une nouvelle traduction danoise a paru dans la Socialdemokratisk Bibliothek, Copenhague, 1885. Elle n'est malheureusement pas tout à fait complète; quelques passages essentiels, qui semblent avoir arrêté le traducteur, ont été omis, et çà et là, on peut relever des traces de négligences, dont l'effet est d'autant plus regrettable qu'on voit, d'après le reste, que la traduction aurait pu, avec un peu plus de soin, être excellente.
En 1886 parut une nouvelle traduction française dans Le Socialiste de Paris; c'est jusqu'ici la meilleure.
D'après cette traduction a paru la même a
A titre de curiosité, je dirai qu'en 1887 le manuscrit d'une traduction arménie
A plusieurs reprises ont été réimprimées en Angleterre certaines traductions américaines plus ou moins inexactes; enfin, une traduction authentique a paru en 1888. Elle est due à mon ami Samuel Moore, et nous l'avons revue ensemble avant l'impression. Elle a pour titre: Manifesto of the Communist Party, by Karl Marx and Frederick Engels, Authorized English translation, edited and a
Le Manifeste a eu sa destinée propre. Salué avec enthousiasme, au moment de son apparition, par l'avant-garde peu nombreuse encore du socialisme scientifique (comme le prouvent les traductions signalées dans la première préface), il fut bientôt refoulé à l'arrière-plan par la réaction qui suivit la défaite des ouvriers parisiens en juin 1848, et enfin il fut proscrit "de par la loi" avec la condamnation des communistes de Cologne en novembre 1852 [14]. Avec le mouvement ouvrier datant de la révolution de Février, le Manifeste aussi disparaissait de la scène publique.
Lorsque la classe ouvrière europée
Et, cependant, lorsqu'il parut, nous n'aurions pu l'intituler Manifeste socialiste. En 1847, on comprenait sous ce nom de socialiste deux sortes de gens. D'abord, les adhérents des divers systèmes utopiques, notamment les owenistes en Angleterre et les fouriéristes en France, qui n'étaient déjà plus, les uns et les autres, que de simples sectes agonisantes. D'un autre côté, les charlatans sociaux de tout acabit qui voulaient, à l'aide d'un tas de panacées et avec toutes sortes de rapiéçages, supprimer les misères sociales, sans faire le moindre tort au Capital et au profit. Dans les deux cas, c'étaient des gens qui vivaient en dehors du mouvement ouvrier et qui cherchaient plutôt un appui auprès des classes "cultivées". Au contraire, cette partie des ouvriers qui, convaincue de l'insuffisance des simples bouleversements politiques, réclamait une transformation fondamentale de la société, s'appelait alors communiste. C'était un communisme à peine dégrossi purement instinctif, parfois un peu grossier; mais il était assez puissant pour do
"Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!" Quelques voix seulement nous répondirent, lorsque nous lançâmes cet appel par le monde, il y a maintenant quarante-deux ans, à la veille de la première révolution parisie