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Nous co

Et ce n’était pas tout. Des débris nouveaux exhumés du terrain tertiaire pliocène avaient permis à des savants plus audacieux encore d’assigner une haute antiquité à la race humaine. Ces débris, il est vrai, n’étaient point des ossements de l’homme, mais seulement des objets de son industrie, des tibias, des fémurs d’animaux fossiles, striés régulièrement, sculptés pour ainsi dire, et qui portaient la marque d’un travail humain.

Ainsi, d’un bond, l’homme remontait l’échelle des temps d’un grand nombre de siècles; il précédait le mastodonde; il devenait le contemporain de «l’elephas meridionalis»; il avait cent mille ans d’existence, puisque c’est la date assignée par les géologues les plus renommés à la formation du terrain pliocène!

Tel était alors l’état de la science paléontologique, et ce que nous en co

C’était un corps humain absolument reco

J’étais muet devant cette apparition d’un autre âge. Mon oncle, si loquace, si impétueusement discoureur d’habitude, se taisait aussi. Nous avions soulevé ce corps. Nous l’avions redressé. Il nous regardait avec ses orbites caves. Nous palpions son torse sonore.

Après quelques instants de silence, l’oncle fut vaincu par le professeur. Otto Lidenbrock, emporté par son tempérament, oublia les circonstances de notre voyage, le milieu où nous étions, l’immense caverne qui nous contenait. Sans doute il se crut au Joha

«Messieurs, dit-il, j’ai l’ho

Ici reparut l’infirmité naturelle de mon oncle, qui en public ne pouvait pas prononcer les mots difficiles.

«L’écrit nommé Gigans…» reprit-il.

Il ne pouvait aller plus loin.

«Gigantéo…»

Impossible! Le mot malencontreux ne voulait pas sortir! On aurait bien ri au Joha

«Gigantostéologie», acheva de dire le professeur Lidenbrock, entre deux jurons.

Puis, continuant de plus belle, et s’animant:

«Oui, messieurs, je sais toutes ces choses! Je sais aussi que Cuvier et Blumenbach ont reco

Je voulus bien ne pas contredire cette assertion.

«Si je pouvais le laver dans une solution d’acide sulfurique, dit encore mon oncle, j’en ferais disparaître toutes les parties terreuses et ces coquillages resplendissants qui sont incrustés en lui. Mais le précieux dissolvant me manque. Cependant, tel il est, tel ce corps nous racontera sa propre histoire.»

Ici, le professeur prit le cadavre fossile et le manœuvra avec la dextérité d’un montreur de curiosités.

«Vous le voyez, reprit-il, il n’a pas six pieds de long, et nous sommes loin des prétendus géants. Quant à la race à laquelle il appartient, elle est incontestablement caucasique. C’est la race blanche, c’est la nôtre! Le crâne de ce fossile est régulièrement ovoïde, sans développement des pommettes, sans projection de la mâchoire. Il ne présente aucun caractère de ce prognathisme qui modifie l’angle facial [14]. Mesurez cet angle, il est presque de quatre-vingt-dix degrés. Mais j’irai plus loin encore dans le chemin des déductions, et j’oserai dire que cet échantillon humain appartient à la famille japétique, répandue depuis les Indes jusqu’aux limites de l’Europe occidentale. Ne souriez pas, messieurs!»

Perso

«Oui, reprit-il avec une animation nouvelle, c’est là un homme fossile, et contemporain des mastodontes dont les ossements emplissent cet amphithéâtre. Mais de vous dire par quelle route il est arrivé là, comment ces couches où il était enfoui ont glissé jusque dans cette énorme cavité du globe, c’est ce que je ne me permettrai pas. Sans doute, à l’époque quaternaire, des troubles considérables se manifestaient encore dans l’écorce terrestre; le refroidissement continu du globe produisait des cassures, des fentes, des failles, où dévalait vraisemblablement une partie du terrain supérieur. Je ne me prononce pas, mais enfin l’homme est là, entouré des ouvrages de sa main, de ces haches, de ces silex taillés qui ont constitué l’âge de pierre, et à moins qu’il n’y soit venu comme moi en touriste, en pio

[14] L’angle facial est formé par deux plans, l’un plus ou moins vertical qui est tangent au front et aux incisives, l’autre horizontal, qui passe par l’ouverture des conduits auditifs et l’épine nasale inférieure. On appelle prognathisme, en langue anthropologique, cette projection de la mâchoire qui modifie l’angle facial.