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Je me souvins alors de cette théorie d’un capitaine anglais qui assimilait la terre à une vaste sphère creuse, à l’intérieur de laquelle l’air se maintenait lumineux par suite de sa pression, tandis que deux astres, Pluton et Proserpine, y traçaient leurs mystérieuses orbites. Aurait-il dit vrai?

Nous étions réellement empriso

Le mot «caverne» ne rend évidemment pas ma pensée pour peindre cet immense milieu. Mais les mots de la langue humaine ne peuvent suffire à qui se hasarde dans les abîmes du globe. Je ne savais pas, d’ailleurs, par quel fait géologique expliquer l’existence d’une pareille excavation. Le refroidissement du globe avait-il donc pu la produire? Je co

Si la grotte de Guachara, en Colombie, visitée par M. de Humboldt, n’avait pas livré le secret de sa profondeur au savant qui la reco

Toutes ces merveilles, je les contemplais en silence. Les paroles me manquaient pour rendre mes sensations. Je croyais assister, dans quelque planète lointaine, Uranus ou Neptune, à des phénomènes dont ma nature «terrestrielle» n’avait pas conscience. À des sensations nouvelles il fallait des mots nouveaux, et mon imagination ne me les fournissait pas. Je regardais, je pensais, j’admirais avec une stupéfaction mêlée d’une certaine quantité d’effroi.

L’imprévu de ce spectacle avait rappelé sur mon visage les couleurs de la santé; j’étais en train de me traiter par l’éto

On concevra sans peine qu’après un empriso

Aussi n’eus-je point à me repentir d’avoir quitté ma grotte obscure. Mon oncle, déjà fait à ces merveilles, ne s’éto

«Te sens-tu la force de te promener un peu? me demanda-t-il.

– Oui, certes, répondis-je, et rien ne me sera plus agréable.

– Eh bien, prends mon bras, Axel, et suivons les sinuosités du rivage.»

J’acceptai avec empressement, et nous commençâmes à côtoyer cet océan nouveau. Sur la gauche, des rochers abrupts, grimpés les uns sur les autres, formaient un entassement titanesque d’un prodigieux effet. Sur leurs flancs se déroulaient d’i

Parmi ces ruisseaux, je reco

«Il nous manquera désormais, dis-je avec un soupir.

– Bah! répondit le professeur, lui ou un autre, qu’importe?»

Je trouvai la réponse un peu ingrate.

Mais en ce moment mon attention fut attirée par un spectacle inattendu. À cinq cents pas, au détour d’un haut promontoire, une forêt haute, touffue, épaisse, apparut à nos yeux. Elle était faite d’arbres de moye

Je hâtais le pas. Je ne pouvais mettre un nom à ces essences singulières. Ne faisaient-elles point partie des deux cent mille espèces végétales co

En effet, je me trouvais en présence de produits de la terre, mais taillés sur un patron gigantesque. Mon oncle les appela immédiatement de leur nom.

«Ce n’est qu’une forêt de champignons», dit-il.

Et il ne se trompait pas. Que l’on juge du développement acquis par ces plantes chères aux milieux chauds et humides. Je savais que le «lycoperdon giganteum» atteint, suivant Bulliard, huit à neuf pieds de circonférence; mais il s’agissait ici de champignons blancs, hauts de trente à quarante pieds, avec une calotte d’un diamètre égal. Ils étaient là par milliers; la lumière ne parvenait pas à percer leur épais ombrage, et une obscurité complète régnait sous ces dômes juxtaposés comme les toits ronds d’une cité africaine.

Cependant je voulus pénétrer plus avant. Un froid mortel descendait de ces voûtes charnues. Pendant une demi-heure, nous errâmes dans ces humides ténèbres, et ce fut avec un véritable sentiment de bien-être que je retrouvai les bords de la mer.

Mais la végétation de cette contrée souterraine ne s’en tenait pas à ces champignons. Plus loin s’élevaient par groupes un grand nombre d’autres arbres au feuillage décoloré. Ils étaient faciles à reco

«Éto

– Vous avez raison, mon oncle. La Providence semble avoir voulu conserver dans cette serre immense ces plantes antédiluvie