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– Mais comment avez-vous pu construire, en secret, cet admirable Nautilus?

– Chacun de ses morceaux, monsieur Aro

– Mais, repris-je, ces morceaux ainsi fabriqués, il a fallu les monter, les ajuster?

– Monsieur le professeur, j’avais établi mes ateliers sur un îlot désert, en plein Océan. Là, mes ouvriers c’est-à-dire mes braves compagnons que j’ai instruits et formés, et moi, nous avons achevé notre Nautilus. Puis, l’opération terminée, le feu a détruit toute trace de notre passage sur cet îlot que j’aurais fait sauter, si je l’avais pu.

– Alors il m’est permis de croire que le prix de revient de ce bâtiment est excessif?

– Monsieur Aro

– Une dernière question, capitaine Nemo.

– Faites, monsieur le professeur.

– Vous êtes donc riche?

– Riche à l’infini, monsieur, et je pourrais, sans me gêner, payer les dix milliards de dettes de la France!»

Je regardai fixement le bizarre perso

XIV LE FLEUVE-NOIR

La portion du globe terrestre occupée par les eaux est évaluée à trois millions huit cent trente-deux milles cinq cent cinquante-huit myriamètres carrés, soit plus de trente-huit millions d’hectares. Cette masse liquide comprend deux milliards deux cent cinquante millions de milles cubes, et formerait une sphère d’un diamètre de soixante lieues dont le poids serait de trois quintillions de to

Durant les époques géologiques, à la période du feu succéda la période de l’eau. L’Océan fut d’abord universel. Puis, peu à peu, dans les temps siluriens, des sommets de montagnes apparurent, des îles émergèrent, disparurent sous des déluges partiels, se montrèrent à nouveau, se soudèrent. formèrent des continents et enfin les terres se fixèrent géographiquement telles que nous les voyons. Le solide avait conquis sur le liquide trente-sept millions six cent cinquante-sept milles carrés, soit douze mille neuf cent seize millions d’hectares.

La configuration des continents permet de diviser les eaux en cinq grandes parties: l’Océan glacial arctique, l’Océan glacial antarctique, l’Océan indien, l’Océan atlantique, l’Océan pacifique.

L’Océan pacifique s’étend du nord au sud entre les deux cercles polaires, et de l’ouest a l’est entre l’Asie et l’Amérique sur une étendue de cent quarante-cinq degrés en longitude. C’est la plus tranquille des mers; ses courants sont larges et lents, ses marées médiocres, ses pluies abondantes. Tel était l’Océan que ma destinée m’appelait d’abord à parcourir dans les plus étranges conditions.

«Monsieur le professeur, me dit le capitaine Nemo, nous allons, si vous le voulez bien, relever exactement notre position, et fixer le point de départ de ce voyage. Il est midi moins le quart. Je vais remonter à la surface des eaux.»

Le capitaine pressa trois fois un timbre électrique. Les pompes commencèrent à chasser l’eau des réservoirs; l’aiguille du manomètre marqua par les différentes pressions le mouvement ascensio

«Nous sommes arrivés», dit le capitaine.

Je me rendis à l’escalier central qui aboutissait à la plate-forme. Je gravis les marches de métal, et, par les pa

La plate-forme émergeait de quatre-vingts centimètres seulement. L’avant et l’arrière du Nautilus présentaient cette disposition fusiforme qui le faisait justement comparer à un long cigare. Je remarquai que ses plaques de tôles, imbriquées légèrement, ressemblaient aux écailles qui revêtent le corps des grands reptiles terrestres. Je m’expliquai donc très naturellement que, malgré les meilleures lunettes, ce bateau eût toujours été pris pour un animal marin.

Vers le milieu de la plate-forme, le canot, à demi-engagé dans la coque du navire, formait une légère extumescence. En avant et en arrière s’élevaient deux cages de hauteur médiocre, à parois inclinées, et en partie fermées par d’épais verres lenticulaires: l’une destinée au timonier qui dirigeait le Nautilus, l’autre où brillait le puissant fanal électrique qui éclairait sa route.

La mer était magnifique, le ciel pur. A peine si le long véhicule ressentait les larges ondulations de l’Océan. Une légère brise de l’est ridait la surface des eaux. L’horizon, dégagé de brumes, se prêtait aux meilleures observations.

Nous n’avions rien en vue. Pas un écueil, pas un îlot. Plus d’Abraham-Lincoln. L’immensité déserte.

Le capitaine Nemo, muni de son sextant, prit la hauteur du soleil, qui devait lui do

«Midi, dit-il. Monsieur le professeur, quand vous voudrez?…»

Je jetai un dernier regard sur cette mer un peu jaunâtre des atterrages japonais, et je redescendis au grand salon.

Là, le capitaine fit son point et calcula chronométriquement sa longitude, qu’il contrôla par de précédentes observations d’angle horaires. Puis il me dit:

«Monsieur Aro

– De quel méridien? demandai-je vivement, espérant que la réponse du capitaine m’indiquerait peut-être sa nationalité.

– Monsieur, me répondit-il, j’ai divers chronomètres réglés sur les méridiens de Paris, de Greenwich et de Washington. Mais, en votre ho

Cette réponse ne m’apprenait rien. Je m’inclinai, et le commandant reprit: