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Wang, faiblissant, se jeta à travers la chaussée. Kin-Fo et les autres, par un suprême effort, se rapprochèrent.

Bientôt, vingt pas, puis quinze, puis dix les séparèrent seulement.

Il n'y avait plus à tenter d'arrêter Wang par d'inutiles paroles, qu'il ne pouvait ou ne voulait pas entendre. Il fallait le rejoindre, le saisir, le filer au besoin… On s'expliquerait ensuite.

Wang comprit qu'il allait être atteint, et comme, par un entêtement inexplicable, il semblait redouter de se trouver face à face avec son ancien élève, il alla jusqu'à risquer sa vie pour lui échapper.

En effet, d'un bond, Wang sauta sur la balustrade du pont et se précipita dans le Peï-ho.

Kin-Fo s'était arrêté un instant et criait: «Wang! Wang!»

Puis, prenant son élan à son tour: «Je l'aurai vivant! s'écria-t-il en se jetant dans le fleuve.

– Craig? dit Fry.

– Fry? dit Craig.

– Deux cent mille dollars à l'eau!»

Et tous deux, franchissant la balustrade, se précipitèrent au secours du ruineux client de la Centenaire.

Quelques-uns des volontaires les suivirent. Ce fut comme une grappe de clowns à l'exercice du tremplin.

Mais tant de zèle devait être inutile. Kin-Fo, Fry-Craig et les autres, alléchés par la prime, eurent beau fouiller le Péï-ho, Wang ne put être, retrouvé. Entraîné par le courant, sans doute, l'infortuné philosophe était allé en dérive.

Wang n'avait-il voulu, en se précipitant dans le fleuve, qu'échapper aux poursuites, ou, pour quelque mystérieuse raison, s'était-il résolu à mettre fin à ses jours? Nul n'aurait pu le dire.

Deux heures après, Kin-Fo, Craig et Fry, désappointés, mais bien séchés, bien réconfortés, Soun, réveillé au plus fort de son sommeil et pestant comme on peut le croire, avaient pris la route de Péking.

XIV OÙ LE LECTEUR POURRA, SANS FATIGUE, PARCOURIR QUATRE VILLES EN UNE SEULE

Le Pé-Tché-Li, la plus septentrionale des dix-huit provinces de la Chine, est divisé en neuf départements.

Un de ces départements à pour chef-lieu Chun-Kin-Fo, c'est-à-dire «la ville du premier ordre obéissant au ciel».

Cette ville, c'est Péking.

Que le lecteur se figure un casse-tête chinois, d'une superficie de six mille hectares, d'un périmètre mètre de huit lieues, dont les morceaux irréguliers doivent remplir exactement un rectangle, telle est cette mystérieuse Kambalu, dont Marco Polo rapportait une si curieuse description vers la fin du XIIIe siècle, telle est la capitale du Céleste Empire.

En réalité, Péking comprend deux villes distinctes, séparées par un large boulevard et une muraille fortifiée: l'une, qui est un parallélogramme rectangle, la ville chinoise; l'autre un carré presque parfait, la ville tartare; celle-ci renferme deux autres villes: la ville jaune, Hoang-Tching, et Tsen-Kin-Tching, la ville Rouge ou ville Interdite.

Autrefois, l'ensemble de ces agglomérations comptait plus de deux millions d'habitants. Mais l'émigration, provoquée par l'extrême misère, a réduit ce chiffre à un million tout au plus. Ce sont des Tartares et des Chinois, auxquels il faut ajouter dix mille Musulmans environ, plus une certaine quantité de Mongols et de Tibétains, qui composent la population flottante.

Le plan de ces deux villes superposées figure assez exactement un bahut, dont le buffet serait formé par la cité chinoise et la crédence par la cité tartare.

Six lieues d'une enceinte fortifiée, haute et large de quarante à cinquante pieds, revêtue de briques extérieurement, défendue de deux cents en deux cents mètres par des tours saillantes, entourent la ville tartare d'une magnifique promenade dallée, et aboutissent à quatre énormes bastions d'angle, dont la plate-forme porte des corps de garde.

L'Empereur, Fils du Ciel, on le voit, est bien gardé.

Au centre de la cité tartare, la ville jaune, d'une superficie de six cent soixante hectares, desservie par huit portes, renferme une montagne de charbon, haute de trois cents pieds, point culminant de la capitale, un superbe canal, dit «Mer du Milieu», que traverse un pont de marbre, deux couvents de bonzes, une pagode des Examens, le Peï-tha-sse, bonzerie bâtie dans une presqu'île, qui semble suspendue sur les eaux claires du canal, le Peh-Tang, établissement des missio

Eh bien, c'est au centre de ce quadrilatère que se cache la ville Interdite, d'une superficie de quatre-vingts hectares, entourée d'un fossé canalisé que franchissent sept ponts de marbre. Il va sans dire que, la dynastie régnante étant mantchoue, la première de ces trois cités est principalement habitée par une population de même race.

Quant aux Chinois, ils sont relégués en dehors, à la partie inférieure du bahut, dans la ville a

On pénètre à l'intérieur de cette ville interdite, ceinte de murs en briques rouges couro