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Son territoire est éto
Depuis qu’ils avaient quitté la Guamini, les voyageurs constataient, non sans grande satisfaction, une amélioration notable dans la température. Sa moye
Souvent la ligne de l’est côtoya ou coupa des petites lagunes, faites tantôt d’eaux douces, tantôt d’eaux saumâtres.
Sur les bords et à l’abri des buissons sautillaient de légers roitelets et chantaient de joyeuses alouettes, en compagnie des «tangaras», ces rivaux en couleurs des colibris étincelants. Ces jolis oiseaux battaient gaiement de l’aile sans prendre garde aux étourneaux militaires qui paradaient sur les berges avec leurs épaulettes et leurs poitrines rouges. Aux buissons épineux se balançait, comme un hamac de créole, le nid mobile des «a
«Depuis longtemps, dit-il au major, je suis curieux de voir voler un flamant.
– Bon! dit le major.
– Or, puisque j’en trouve l’occasion, j’en profite.
– Profitez-en, Paganel.
– Venez avec moi, major. Viens aussi, Robert. J’ai besoin de témoins.»
Et Paganel, laissant ses compagnons marcher en avant, se dirigea, suivi de Robert Grant et du major, vers la troupe des phénicoptères.
Arrivé à bo
«Eh bien, dit-il au major quand la troupe eut disparu, les avez-vous vus voler?
– Oui certes, répondit Mac Nabbs, et, à moins d’être aveugle, on ne pouvait faire moins.
– Avez-vous trouvé qu’en volant ils ressemblaient à des flèches empe
– Pas le moins du monde.
– Pas du tout, ajouta Robert.
– J’en étais sûr! reprit le savant d’un air de satisfaction. Cela n’a pas empêché le plus orgueilleux des gens modestes, mon illustre compatriote Chateaubriand, d’avoir fait cette comparaison inexacte entre les flamants et les flèches! Ah! Robert, la comparaison, vois-tu bien, c’est la plus dangereuse figure de rhétorique que je co
– Ainsi vous êtes satisfait de votre expérience? dit le major.
– Enchanté.
– Et moi aussi; mais pressons nos chevaux, car votre illustre Chateaubriand nous a mis d’un mille en arrière.»
Lorsqu’il eut rejoint ses compagnons, Paganel trouva Glenarvan en grande conversation avec l’indien qu’il ne semblait pas comprendre. Thalcave s’était souvent arrêté pour observer l’horizon, et chaque fois son visage avait exprimé un assez vif éto
«Arrivez donc, ami Paganel, Thalcave et moi, nous ne parvenons guère à nous entendre!»
Paganel s’entretint pendant quelques minutes avec le patagon, et se retournant vers Glenarvan:
«Thalcave, lui dit-il, s’éto
– Lequel?
– C’est de ne rencontrer ni indiens ni traces d’indiens dans ces plaines, qui sont ordinairement sillo
– Et à quoi Thalcave attribue-t-il cet abandon?
– Il ne saurait le dire; il s’en éto
– Mais quels indiens comptait-il trouver dans cette partie des pampas?
– Précisément ceux qui ont eu des priso
– Quels sont ces gens-là?
– Des chefs de bandes qui étaient tout-puissants il y a une trentaine d’a
– Mais alors, demanda Glenarvan, quel parti devons-nous prendre?
– Je vais le savoir», répondit Paganel.
Et après quelques instants de conversation avec Thalcave, il dit:
«Voici son avis, qui me paraît fort sage. Il faut continuer notre route à l’est jusqu’au fort indépendance, – c’est notre chemin, – et là, si nous n’avons pas de nouvelles du capitaine Grant, nous saurons du moins ce que sont devenus les indiens de la plaine argentine.
– Ce fort indépendance est-il éloigné? répondit Glenarvan.
– Non, il est situé dans la sierra Tandil, à une soixantaine de milles.
– Et nous y arriverons?…
– Après-demain soir.»
Glenarvan fut assez déconcerté de cet incident. Ne pas trouver un indien dans les pampas, c’était à quoi on se fût le moins attendu. Il y en a trop ordinairement. Il fallait donc qu’une circonstance toute spéciale les eût écartés. Mais, chose grave surtout, si Harry Grant était priso
Vers quatre heures du soir, une colline, qui pouvait passer pour une montagne dans un pays si plat, fut signalée à l’horizon. C’était la sierra Tapalquem, au pied de laquelle les voyageurs campèrent la nuit suivante. Le passage de cette sierra se fit le lendemain le plus facilement du monde. On suivait des ondulations sablo