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«Mais où se trouvait-il en dernier lieu? demanda Paganel.
– Chez le cacique Calfoucoura, répondit Thalcave.
– Sur la ligne suivie par nous jusqu’ici?
– Oui.
– Et quel est ce cacique?
– Le chef des indiens-poyuches, un homme à deux langues, un homme à deux cœurs!
– C’est-à-dire faux en parole et faux en action, dit Paganel, après avoir traduit à ses compagnons cette belle image de la langue patagone. – et pourrons-nous délivrer notre ami? Ajouta-t-il.
– Peut-être, s’il est encore aux mains des indiens.
– Et quand en avez-vous entendu parler?
– Il y a longtemps, et, depuis lors, le soleil a ramené déjà deux étés dans le ciel des pampas!»
La joie de Glenarvan ne peut se décrire. Cette réponse concordait exactement avec la date du document. Mais une question restait à poser à Thalcave. Paganel la fit aussitôt.
«Vous parlez d’un priso
– Je ne sais, répondit Thalcave.
– Et vous ne co
– Rien.»
Ce dernier mot termina la conversation. Il était possible que les trois priso
Le 26, la journée fut fatigante. Il s’agissait de gagner le rio-Colorado. Mais les chevaux, excités par leurs cavaliers, firent une telle diligence, que le soir même, par 69°45’ de longitude, ils atteignirent le beau fleuve des régions pampée
En arrivant au Colorado, le premier soin de Paganel fut de se baigner «géographiquement».
Dans ses eaux colorées par une argile rougeâtre. Il fut surpris de les trouver aussi profondes, résultat uniquement dû à la fonte des neiges sous le premier soleil de l’été. De plus, la largeur du fleuve était assez considérable pour que les chevaux ne pussent le traverser à la nage. Fort heureusement, à quelques centaines de toises en amont se trouvait un pont de clayo
Avant de s’endormir, Paganel voulut prendre un relèvement exact du Colorado, et il le pointa sur sa carte avec un soin particulier, à défaut du Yarou-Dzangbo-Tchou, qui coulait sans lui dans les montagnes du Tibet.
Pendant les deux journées suivantes, celles du 27 et du 28 octobre, le voyage s’accomplit sans incidents. Même monotonie et même stérilité du terrain. Jamais paysage ne fut moins varié, jamais panorama plus insignifiant.
Cependant, le sol devint très humide. Il fallut passer des «canadas», sortes de bas-fonds inondés, et des «esteros», lagunes permanentes encombrées d’herbes aquatiques. Le soir, les chevaux s’arrêtèrent au bord d’un vaste lac, aux eaux fortement minéralisées, l’Ure-Lanquem, nommé «lac amer» par les indiens, qui fut en 1862 témoin de cruelles représailles des troupes argentines.
On campa à la manière accoutumée, et la nuit aurait été bo
Chapitre XVII Les pampas
La Pampasie argentine s’étend du trente-quatrième au quarantième degré de latitude australe. Le mot «pampa», d’origine araucanie
Les mimosées arborescentes de sa partie occidentale, les herbages substantiels de sa partie orientale, lui do
Là gisent en quantités infinies des ossements antédiluviens que les indiens attribuent à de grandes races de tatous disparues, et sous cette poussière végétale est enfouie l’histoire primitive de ces contrées.
La pampa américaine est une spécialité géographique, comme les savanes des grands-lacs ou les steppes de la Sibérie. Son climat a des chaleurs et des froids plus extrêmes que celui de la province de Buenos-Ayres, étant plus continental. Car, suivant l’explication que do
On partit dès l’aube, vérification faite de la route; le sol, enchaîné par les arbrisseaux et arbustes, offrait une fixité parfaite; plus de médanos, ni le sable dont ils se formaient, ni la poussière que le vent tenait en suspension dans les airs. Les chevaux marchaient d’un bon pas, entre les touffes de «paja-brava», l’herbe pampée