Страница 171 из 179
– Parlez, Ayrton, répondit Glenarvan.
– Mylord, je n’ai point encore votre parole d’accéder à ma proposition, et cependant, je n’hésite pas à vous dire que je sais peu de chose sur le compte d’Harry Grant.
– Peu de chose! s’écria Glenarvan.
– Oui, mylord, les détails que je suis en mesure de vous communiquer sont relatifs à moi; ils me sont perso
Un vif désappointement se peignit sur les traits de Glenarvan et du major. Ils croyaient le quartier-maître possesseur d’un important secret, et celui-ci avouait que ses révélations seraient à peu près stériles. Quant à Paganel, il demeurait impassible.
Quoi qu’il en soit, cet aveu d’Ayrton, qui se livrait, pour ainsi dire, sans garantie, toucha singulièrement ses auditeurs, surtout lorsque le quartier-maître ajouta pour conclure:
«Ainsi, vous êtes prévenu, mylord; l’affaire sera moins avantageuse pour vous que pour moi.
– Il n’importe, répondit Glenarvan. J’accepte votre proposition, Ayrton. Vous avez ma parole d’être débarqué dans une des îles de l’océan Pacifique.
– Bien, mylord», répondit le quartier-maître.
Cet homme étrange fut-il heureux de cette décision?
On aurait pu en douter, car sa physionomie impassible ne révéla aucune émotion. Il semblait qu’il traitât pour un autre que pour lui.
«Je suis prêt à répondre, dit-il.
– Nous n’avons pas de questions à vous faire, dit Glenarvan. Apprenez-nous ce que vous savez, Ayrton en commençant par déclarer qui vous êtes.
– Messieurs, répondit Ayrton, je suis réellement Tom Ayrton, le quartier-maître du Brita
– De l’Australie, dit le major, interrompant le récit d’Ayrton, et par conséquent vous avez quitté le Brita
– Oui, répondit le quartier-maître, car le Brita
– Continuez, Ayrton, dit Glenarvan.
– Je me trouvai donc abando
Le quartier-maître se tut, croisa ses bras suivant son habitude, et attendit. Glenarvan et ses amis gardaient le silence. Ils sentaient que la vérité tout entière venait d’être dite par cet étrange malfaiteur. La prise du Duncan n’avait manqué que par une cause indépendante de sa volonté. Ses complices étaient venus aux rivages de Twofold-Bay, comme le prouvait cette vareuse de convict trouvée par Glenarvan. Là, fidèles aux et enfin, las de l’attendre, ils s’étaient sans doute remis à leur métier de pillards et d’incendiaires dans les campagnes de la Nouvelle-Galles du sud. Le major reprit le premier l’interrogatoire, afin de préciser les dates relatives au Brita
«Ainsi, demanda-t-il au quartier-maître, c’est bien le 8 avril 1862 que vous avez été débarqué sur la côte ouest de l’Australie?
– Exactement, répondit Ayrton.
– Et savez-vous alors quels étaient les projets d’Harry Grant?
– D’une manière vague.
– Parlez toujours, Ayrton, dit Glenarvan. Le moindre indice peut nous mettre sur la voie.
– Ce que je puis vous dire, le voici, mylord, répondit le quartier-maître. Le capitaine Grant avait l’intention de visiter la Nouvelle-Zélande. Or, cette partie de son programme n’a point été exécutée pendant mon séjour à bord. Il ne serait donc pas impossible que le Brita
– Évidemment, dit Paganel.
– Mais, reprit Glenarvan, rien dans ces restes de mots conservés sur le document ne peut s’appliquer à la Nouvelle-Zélande.