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Le lord suivi de ses compagnons, gravit les derniers talus du cône jusqu’au pied même du tombeau. Une large ouverture recouverte de nattes y do
Glenarvan allait pénétrer dans l’intérieur de l’oudoupa quand, tout d’un coup, il recula vivement:
«Un sauvage! dit-il.
– Un sauvage dans ce tombeau? demanda le major.
– Oui, Mac Nabbs.
– Qu’importe, entrons.»
Glenarvan, le major, Robert et John Mangles pénétrèrent dans l’enceinte. Un maori était là, vêtu d’un grand manteau de phormium; l’ombre de l’oudoupa ne permettait pas de distinguer ses traits. Il paraissait fort tranquille, et déjeunait avec la plus parfaite insouciance. Glenarvan allait lui adresser la parole, quand l’indigène, le prévenant, lui dit d’un ton aimable et en bo
«Asseyez-vous donc, mon cher lord, le déjeuner vous attend.»
C’était Paganel. À sa voix, tous se précipitèrent dans l’oudoupa et tous passèrent dans les bras de l’excellent géographe. Paganel était retrouvé!
C’était le salut commun qui se présentait dans sa perso
«Les sauvages! dit-il.
– Les sauvages, répondit en haussant les épaules Paganel. Voilà des individus que je méprise souverainement!
– Mais ne peuvent-ils?…
– Eux! Ces imbéciles! Venez les voir!»
Chacun suivit Paganel, qui sortit de l’oudoupa. Les zélandais étaient à la même place, entourant le pied du cône, et poussant d’épouvantables vociférations.
«Criez! Hurlez! époumonez-vous, stupides créatures! dit Paganel. Je vous défie bien de gravir cette montagne!
– Et pourquoi? demanda Glenarvan.
– Parce que le chef y est enterré, parce que ce tombeau nous protège, parce que la montagne est tabou!
– Tabou?
– Oui, mes amis! Et voilà pourquoi je me suis réfugié ici comme dans un de ces lieux d’asile du moyen âge ouverts aux malheureux.
– Dieu est pour nous!» s’écria lady Helena, levant ses mains vers le ciel.
En effet, le mont était tabou, et, par sa consécration, il échappait à l’envahissement des superstitieux sauvages.
Ce n’était pas encore le salut des fugitifs, mais un répit salutaire, dont ils cherchaient à profiter. Glenarvan, en proie à une indicible émotion, ne proférait pas une parole, et le major remuait la tête d’un air véritablement satisfait.
«Et maintenant, mes amis, dit Paganel, si ces brutes comptent sur nous pour exercer leur patience, ils se trompent. Avant deux jours, nous serons hors des atteintes de ces coquins.
– Nous fuirons! dit Glenarvan. Mais comment?
– Je n’en sais rien répondit Paganel, mais nous fuirons tout de même.»
Alors, chacun voulut co
«On m’a changé mon Paganel», pensait Mac Nabbs.
En effet, la physionomie du digne savant n’était plus la même. Il s’enveloppait sévèrement dans son vaste châle de phormium, et semblait éviter les regards trop curieux. Ses manières embarrassées, lorsqu’il était question de lui, n’échappèrent à perso
Quant à ses souvenirs, voici ce qu’il jugea convenable d’en apprendre à ses compagnons, lorsque tous se furent assis près de lui, au pied des poteaux de l’oudoupa.
Après le meurtre de Kara-Tété, Paganel profita comme Robert du tumulte des indigènes et se jeta hors de l’enceinte du pah. Mais, moins heureux que le jeune Grant, il alla do
Paganel se demandait s’il devait se considérer comme priso
Ce chef, nommé «Hihy», c’est-à-dire «rayon du soleil», n’était point un méchant homme. Les lunettes et la longue-vue du géographe semblaient lui do
Cette situation nouvelle dura trois grands jours.
Pendant ce laps de temps, Paganel fut-il bien ou mal traité? «oui et non», dit-il, sans s’expliquer davantage. Bref, il était priso
Heureusement, pendant une nuit, il parvint à ronger ses cordes et à s’échapper. Il avait assisté de loin à l’enterrement du chef, il savait qu’on l’avait inhumé au sommet du Maunganamu, et que la montagne devenait tabou par ce fait. Ce fut là qu’il résolut de se réfugier, ne voulant pas quitter le pays où ses compagnons étaient retenus. Il réussit dans sa périlleuse entreprise. Il arriva pendant la nuit dernière au tombeau de Kara-Tété, et attendit, «tout en reprenant des forces», que le ciel délivrât ses amis par quelque hasard.
Tel fut le récit de Paganel. Omit-il à dessein certaine circonstance de son séjour chez les indigènes? Plus d’une fois, son embarras le laissa croire. Quoi qu’il en soit, il reçut d’unanimes félicitations, et, le passé co
Glenarvan ne se méprenait pas sur les difficultés de sa position, mais il résolut d’attendre les circonstances favorables, et de les faire naître, au besoin.
Et d’abord Glenarvan voulut reco