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Vers l’est, le regard s’arrêtait sur une lisière de myalls et de gommiers, que dominait à sept mille cinq cents pieds dans les airs la cime imposante du mont Hottam.

De longues avenues d’arbres verts à feuilles persistantes rayo

Çà et là se massaient d’épais taillis de «grass-trees», arbustes hauts de dix pieds, semblables au palmier nain, et perdus dans leur chevelure de feuilles étroites et longues. L’air était embaumé du parfum des lauriers-menthes, dont les bouquets de fleurs blanches, alors en pleine floraison, dégageaient les plus fines senteurs aromatiques.

Aux groupes charmants de ces arbres indigènes se mariaient les productions transplantées des climats européens. Le pêcher, le poirier, le pommier, le figuier, l’oranger, le chêne lui-même, furent salués par les hurrahs des voyageurs, et ceux-ci, s’ils ne s’éto

Entre autres, et pour la première fois, il leur fut do

Cependant, lord Glenarvan ne se contentait pas d’admirer les féeriques merveilles de cette oasis improvisée dans le désert australien. Il écoutait le récit des jeunes gentlemen. En Angleterre, au milieu de ses campagnes civilisées, le nouvel arrivant eût tout d’abord appris à son hôte d’où il venait, où il allait. Mais ici, et par une nuance de délicatesse finement observée, Michel et Sandy Patterson crurent devoir se faire co

C’était celle de tous ces jeunes anglais, intelligents et industrieux, qui ne croient pas que la richesse dispense du travail. Michel et Sandy Patterson étaient fils d’un banquier de Londres. À vingt ans, le chef de leur famille avait dit: «Voici des millions, jeunes gens. Allez dans quelque colonie lointaine; fondez-y un établissement utile; puisez dans le travail la co

On compte dans les provinces de Victoria, de la Nouvelle Galles du sud et de l’Australie méridionale plus de trois mille stations, les unes dirigées par les squatters qui élèvent le bétail, les autres par les settlers, dont la principale industrie est la culture du sol. Jusqu’à l’arrivée des deux jeunes anglais, l’établissement le plus considérable de ce genre était celui de M Jamieson, qui couvrait cent kilomètres de superficie, avec une bordure de vingt-cinq kilomètres sur le Paroo, l’un des affluents du Darling.

Maintenant, la station d’Hottam l’emportait en étendue et en affaires. Les deux jeunes gens étaient squatters et settlers tout à la fois. Ils administraient avec une rare habileté, et, ce qui est plus difficile, avec une énergie peu commune, leur immense propriété.

On le voit, cette station se trouvait reportée à une grande distance des principales villes, au milieu des déserts peu fréquentés du Murray. Elle occupait l’espace compris entre 14648 et 147, c’est-à-dire un terrain long et large de cinq lieues, situé entre les Buffalos-Ranges et le mont Hottam. Aux deux angles nord de ce vaste quadrilatère se dressaient à gauche le mont Aberdeen, à droite les sommets du High-Barven. Les eaux belles et sinueuses n’y manquaient pas, grâce aux creeks et affluents de l’Oven’S-River, qui se jette au nord dans le lit du Murray. Aussi, l’élève du bétail et la culture du sol y réussissaient également. Dix mille acres de terre, admirablement assolés et aménagés, mêlaient les récoltes indigènes aux productions exotiques, tandis que plusieurs millions d’animaux s’engraissaient dans les verdoyants pâturages. Aussi, les produits de Hottam-Station étaient-ils cotés à de hauts cours sur les marchés de Castlemaine et de Melbourne.

Michel et Sandy Patterson achevaient de do

C’était une charmante maison de bois et de briques, enfouie sous des bouquets d’émérophilis. Elle avait la forme élégante du chalet, et une véranda à laquelle pendaient des lampes chinoises contournait le long des murs comme un impluvium antique. Devant les fenêtres se déployaient des ba

D’ailleurs, on ne voyait ni communs, ni écuries, ni hangars, rien de ce qui indique une exploitation rurale. Toutes ces dépendances, – un véritable village composé de plus de vingt huttes et maisons, – étaient situées à un quart de mille, au fond d’une petite vallée. Des fils électriques mettaient en communication instantanée le village et la maison des maîtres. Celle-ci, loin de tout bruit, semblait perdue dans une forêt d’arbres exotiques.

Bientôt, l’avenue des casuarinas fut dépassée. Un petit pont de fer d’une élégance extrême, jeté sur un creek murmurant, do

Il fut franchi. Un intendant de haute mine vint au-devant des voyageurs; les portes de l’habitation s’ouvrirent, et les hôtes de Hottam-Station pénétrèrent dans les somptueux appartements contenus sous cette enveloppe de briques et de fleurs.

Tout le luxe de la vie artiste et fashionable s’offrit à leurs yeux. Sur l’antichambre, ornée de sujets décoratifs empruntés à l’outillage du turf et de la chasse, s’ouvrait un vaste salon à cinq fenêtres. Là, un piano couvert de partitions ancie