Страница 65 из 75
– Et quel temps mettrons-nous à y parvenir?
– Si le vent ne nous écarte pas trop, je compte rencontrer cette ville mardi vers le soir.
– Alors, fit Joe en indiquant une longue file de bêtes et d’hommes qui serpentait en plein désert, nous arriverons plus vite que cette caravane.»
Fergusson et Ke
Ces chameaux des Touareg sont de la meilleure espèce; ils peuvent rester de trois à sept jours sans boire, et deux jours sans manger; leur vitesse est supérieure à celle des chevaux, et ils obéissent avec intelligence à la voix du khabir, le guide de la caravane. On les co
Tels furent les détails do
Joe demanda comment les Arabes parvenaient à se diriger dans le désert, et à gagner les puits épars dans cette immense solitude.
«Les Arabes, répondit Fergusson, ont reçu de la nature un merveilleux instinct pour reco
Mais le Victoria avait déjà disparu aux yeux éto
Le lundi, le temps changea complètement; la pluie se mit à tomber avec une grande violence; il fallut résister à ce déluge et à l’accroissement de poids dont il chargeait le ballon et la nacelle; cette perpétuelle averse expliquait les marais et les marécages qui composaient uniquement la surface du pays; la végétation y reparaissait avec les mimosas, les baobabs et les tamarins.
Tel était le Sonray avec ses villages coiffés de toits renversés comme des bo
«Nous ne tarderons pas à voir le Niger, dit le docteur; la contrée se métamorphose aux approches des grands fleuves. Ces chemins qui marchent, suivant une juste expression, ont d’abord apporté la végétation avec eux, comme ils apporteront la civilisation plus tard. Ainsi, dans son parcours de deux mille cinq cents milles, le Niger a semé sur ses bords les plus importantes cités de l’Afrique.
– Tiens, dit Joe, cela me rappelle l’histoire de ce grand admirateur de la Providence; qui la louait du soin qu’elle avait eu de faire passer les fleuves au milieu des grandes villes!»
À midi, le Victoria passa au-dessus d’une bourgade, d’une réunion de huttes assez misérables, qui fut autrefois une grande capitale.
«C’est là, dit le docteur, que Barth traversa le Niger à son retour de Tembouctou; voici ce fleuve fameux dans l’Antiquité, le rival du Nil, auquel la superstition païe
Le Niger coulait entre deux rives largement séparées; ses eaux roulaient vers le sud avec une certaine violence; mais les voyageurs entraînés purent à peine en saisir les curieux contours.
«Je veux vous parler de ce fleuve, dit Fergusson, et il est déjà loin de nous! Sous les noms de Dhiouleba, de Mayo, d’Egghirreou, de Quorra, et autres encore, il parcourt une étendue immense de pays, et lutterait presque de longueur avec le Nil. Ces noms signifient tout simplement «le fleuve», suivant les contrées qu’il traverse.
– Est-ce que le docteur Barth a suivi cette route? demanda Ke
– Non, Dick; en quittant le lac Tchad, il traversa les villes principales du Bornou et vint couper le Niger à Say, quatre degrés au-dessous de Gao; puis il pénétra au sein de ces contrées inexplorées que le Niger renferme dans son coude, et, après huit mois de nouvelles fatigues, il parvint à Tembouctou; ce que nous ferons en trois jours à peine, avec un vent aussi rapide.
– Est-ce qu’on a découvert les sources du Niger? demanda Joe.
– Il y a longtemps, répondit le docteur. La reco
– Et cette fin terrible n’arrêta pas les explorateurs?
– Au contraire, Dick; car alors on avait non seulement à reco
[55] Cent vingt-cinq francs.
[56] Le zéro du méridien de Paris.