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Chapitre II
L’empereur de Lilliput, accompagné de plusieurs de ses courtisans, vient pour voir l’auteur dans sa prison. Description de la perso
L’empereur, à cheval, s’avança un jour vers moi, ce qui pensa lui coûter cher: à ma vue, son cheval, éto
L’impératrice, les princes et princesses du sang, accompagnés de plusieurs dames, s’assirent à quelque distance dans des fauteuils. L’empereur est plus grand qu’aucun de sa cour, ce qui le fait redouter par ceux qui le regardent; les traits de son visage sont grands et mâles, avec une lèvre épaisse et un nez aquilin; il a un teint d’olive, un air élevé, et des membres bien proportio
Au bout de deux heures, la cour se retira, et on me laissa une forte garde pour empêcher l’impertinence, et peut-être la malice de la populace, qui avait beaucoup d’impatience de se rendre en foule autour de moi pour me voir de près. Quelques-uns d’entre eux eurent l’effronterie et la témérité de me tirer des flèches, dont une pensa me crever l’œil gauche. Mais le colonel fit arrêter six des principaux de cette canaille, et ne jugea point de peine mieux proportio
La nouvelle de l’arrivée d’un homme prodigieusement grand, s’étant répandue dans tout le royaume, attira un nombre infini de gens oisifs et curieux; en sorte que les villages furent presque abando
Cependant l’empereur tint plusieurs conseils pour délibérer sur le parti qu’il fallait prendre à mon égard. J’ai su depuis que la cour avait été fort embarrassée. On craignait que je ne vinsse à briser mes chaînes et à me mettre en liberté; on disait que ma nourriture, causant une dépense excessive, était capable de produire une disette de vivres; on opinait quelquefois à me faire mourir de faim, ou à me percer de flèches empoiso
Il fut aussi ordo
Les premiers mots que j’appris furent pour lui faire savoir l’envie que j’avais qu’il voulût bien me rendre ma liberté; ce que je lui répétais tous les jours à genoux. Sa réponse fut qu’il fallait attendre encore un peu de temps, que c’était une affaire sur laquelle il ne pouvait se déterminer sans l’avis de son conseil, et que, premièrement, il fallait que je promisse par serment l’observation d’une paix inviolable avec lui et avec ses sujets; qu’en attendant, je serais traité avec toute l’ho