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Et on lui avait claqué la porte sur le nez. Il s’était retrouvé sur l’avenue, dans un désarroi indescriptible. Il poussait des cris de rage.
– La misérable! La misérable! Elle me fait chasser! Et je croyais qu’elle m’aimait!
Il se do
– Je l’aurai de force! de force! comme l’autre jour! Je me ferai plutôt tuer, mais je la veux! Je reprendrai le même chemin…
Et il s’avança du côté du mur qu’il avait déjà escaladé. Quelle ne fut pas sa stupéfaction en apercevant, au-dessus de ce mur, une haute grille qu’on venait d’y poser!
Il fit: «Oh!»
Et il resta atterré.
– Elle ne veut plus de moi! C’est fini! Elle ne veut plus de moi!
Et il s’en était retourné effroyablement triste.
Non, elle ne voulait plus de lui. La scène d’amour de l’autre nuit avait été pour elle une surprise, comme la scène de terreur qui l’avait précédée. Elle ne s’était pas do
– Si le prince savait cela! se disait-elle.
Or le prince le sut, puisque, dès l’après-midi même, elle reçut une lettre dans laquelle il lui disait:
«Madame,
«Je vous serais reco
«Mettez cela, madame, sur le compte de la jalousie.»
C’était signé «Agra».
L’éto
– Heureusement, il me pardo
Et il grandit encore dans son esprit et dans son cœur.
Quant à Pold, elle le chassa de son souvenir comme elle devait le faire chasser de son seuil. Si le prince n’avait rien su, elle lui eût peut-être pardo
Pold, dans le fumoir, mâcho
– Nous y allons. C’est le 15. Je suis chargé par Diane de vous rappeler qu’elle vous a invité et qu’elle compte absolument sur vous. Vous n’avez pas vu le prince. Ce sera une occasion de faire co
Lawrence hésita encore.
– Êtes-vous sûr que le prince y sera? demanda-t-il.
– Absolument sûr. C’est là qu’il doit faire sa seconde apparition. Ne lâchez pas une occasion pareille.
La curiosité l’emporta.
– C’est bien, décida Lawrence, j’irai…
Pold avait jeté son cigare:
– Le 15! Papa y va! Eh bien, moi aussi, j’irai! Seulement, si papa y va pour le prince, moi, j’irai pour Diane!…
Il se gratta l’oreille:
– Y aller! Mais comment? On va certainement me fiche à la porte… Bah! je trouverai bien!… Demain, j’irai demander conseil à Martinet.
IX OÙ LE LECTEUR COMPRENDRA QU’IL SE PRÉPARE QUELQUE CHOSE DE TRÈS GRAVE POUR LE CHAPITRE SUIVANT
Avril était d’une douceur admirable. Les jardins de Diane étaient tout en fleurs. Elle résolut que la fête serait do
Tout le «high life» voulut être de la fête.
Martinet fut particulièrement chargé de la scène, du grand hall, des décors et des changements de décors.
Ce jour-là, on devait admirer Diane et plusieurs de ses compagnes de fête, dans des costumes aussi légers que suggestifs.
C’étaient ses derniers «tableaux vivants» de la saison. Elle offrait quatre spectacles par an. Le monde de la grande fête avait particulièrement goûté cette nouvelle mode, qui lui permettait d’apprécier et de comparer les formes plus ou moins impeccables des plus fameuses pécheresses.
Il y avait déjà du monde dans les jardins. Une heure plus tard, un coupé de style très simple vint se joindre à la file des voitures. Le prince Agra en descendit. Il fut tout de suite mêlé au groupe de Diane. Celle-ci demandait au prince des histoires sur l’Inde et les Indiens.
Le prince lui disait qu’il avait quitté l’Hindoustan très jeune, à douze ans. Mais il se souvenait de ce merveilleux pays comme s’il l’eût habité la veille.
– Vous descendez d’une race très ancie
– Oh! très ancie
– Je vous avouerai, fit Diane, que je l’ignore totalement.
– Le radjah de Sédussia descend de Porus, qui eut maille à partir avec Alexandre de Macédoine.
– Une chose me stupéfie, prince: c’est que vous ayez si peu, vous qui descendez d’une race si ancie
– Madame, je ressemble à ma mère. Je suis le portrait vivant de ma mère. Or ma mère était une Grecque de Thessalie dont le radjah, mon père, fit sa femme.
Pendant que l’on dînait et que se tenaient ces propos, des ouvriers, dans le grand hall, sous la direction de Martinet, procédaient aux dernières installations pour le spectacle.