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Dans le silence formidable qui régnait, Arnoldson continua:
– Qui je suis?… Je suis celui à qui tu as do
Et l’Homme de la nuit, d’un geste rapide, enleva ses lunettes, comme il l’avait fait devant Lawrence à l’agonie… et il montra ce regard qui n’avait pas changé, ce regard vivant, ce regard qu’on avait cru éteint depuis vingt ans!
Adrie
– Jonathan Smith!!! Jonathan Smith!!!
Et Martinet, lui aussi, reco
– Le roi de l’huile! fit-il.
– Oui, Jonathan Smith! reprit Arnoldson. Oui, le roi de l’huile!… le roi de l’huile, que tu ne tueras point deux fois, n’est-ce pas, Mary?
Et Arnoldson quitta la muraille et se dirigea vers la porte de l’auberge Rouge, sans plus s’occuper des trois perso
Pold, seul, fit un mouvement vers Arnoldson. Mais Adrie
– Laisse passer cet homme, lui dit-elle.
XI OÙ LILY DÉCLARE QU’ELLE NE SE CONSOLERA JAMAIS DE LA DISPARITION DU PRINCE AGRA
Des mois se sont écoulés depuis les événements passés, de lugubres mois de tristesse, d’e
La famille Lawrence a abando
L’auberge Rouge est abando
Toutes les perso
L’hôtel de l’avenue Henri-Martin a été vendu.
Mais M. et Mme Martinet habitent toujours la rue du Sentier. Ce soir-là, c’est-à-dire un an après la scène terrible de l’auberge Rouge, ils achevaient leur repas en silence et tristement.
Une même pensée semblait les hanter et il paraissait bien qu’ils se comprenaient.
La preuve en fut que Martinet sut tout de suite de qui sa femme l’entretenait quand elle lui dit:
– Sa dernière lettre nous faisait prévoir un prompt retour. Or, elle est datée d’il y a quinze jours, et ils ne sont point revenus à Paris. Leur serait-il arrivé malheur?
Martinet hocha la tête.
– Tout est possible, fit-il. Et je crains bien que tout ne soit pas terminé avec ce misérable… Vois-tu, ma femme, nous avons été des sots, et Mme Lawrence aurait dû nous laisser accomplir notre besogne. Je comprends la pitié mêlée de terreur qui la fit s’interposer entre nous et l’Homme de la nuit… Il n’empêche qu’elle a eu tort et qu’elle pourrait le payer cher… Et, si tu veux toute ma pensée, je te dirai une chose: c’est que je suis fort éto
– Souviens-toi, fit Mme Martinet, que le prince Agra veille sur eux.
– C’est juste! Et, à en croire la correspondance de Pold, il leur a déjà épargné quelque catastrophe.
– C’est lui qui leur a ordo
– Ils ne l’ont point revu?
– Non. Ils ne savent où il est, mais un fait certain, c’est qu’il veille, puisque, chaque fois qu’ils courent un danger, le prince sait les en avertir.
– Vois-tu, tout cela finira mal… je le crains…
– Dans sa dernière lettre, Pold disait qu’ils espéraient être délivrés de l’Homme de la nuit et qu’il y avait au moins trois mois qu’ils n’en avaient entendu parler.
– Je souhaite que cela continue et qu’ils goûtent quelque tranquillité… Et, cependant…
– Et, cependant, je redoute qu’il ne leur prépare quelque coup terrible de sa façon…
Ils s’entretinrent encore de l’Homme de la nuit, et M. Martinet fit à sa digne compagne, pour la vingtième fois au moins, le récit du drame de l’Union Pacific railway.
Maintenant, le couple Martinet n’ignorait plus rien des causes de la haine d’Arnoldson pour la famille Lawrence. Adrie
Quand à Pold, il avait embrassé sa mère avec passion.
M. Martinet en était au «pousse-café» quand la porte de la salle à manger s’ouvrit soudain.
La bo
– Madame! Il y a là des perso
Mais on entendit tout de suite la voix de Pold qui criait:
– C’est nous, Martinet! C’est nous!
Et Pold fit une entrée sensatio
M. et Mme Martinet étaient déjà debout.
L’entrée de Pold fut bientôt suivie de celle de Mme Lawrence et de Lily.
Tout le monde s’embrassa. On se demanda avec volubilité des nouvelles réciproques de sa santé.
Mme Martinet regardait Lily avec compassion.
– Comme elle est pâle! disait-elle.
De fait, Lily ne payait pas de mine. Elle regardait Mme Martinet avec un triste sourire. Pold dit:
– Elle vous sourit tristement, madame Martinet, mais elle vous sourit. Voilà un an que nous n’avons vu le sourire de Lily.
Adrie
Elle leur fit une peinture lamentable de leur existence depuis un an, des dangers auprès desquels ils étaient passés et dont ils n’avaient pas été les victimes grâce à la surveillance cachée du prince, surveillance continuelle, qui avait déjoué les sinistres projets de celui qui les poursuivait de sa haine implacable.
Mais, d’après la lettre même du prince, l’espoir leur était venu qu’ils touchaient enfin au terme de tant d’épreuves et qu’ils n’auraient bientôt plus rien à redouter.