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– Vous vous rappelez, mon ami, me répondit le reporter, ce petit morceau de papier que vous me rapportâtes au Château d’Hercule, le jour où, sans m’avertir d’aucune sorte, vous prîtes sur vous-même de suivre à la piste cet excellent Brignolles qui venait faire un petit tour dans le Midi. Ce bout de papier qui portait l’entête de la Sorbo

Et Rouletabille, de la façon la plus nette, me fit passer par les différentes phases de sa compréhension du mystère qui devait jusqu’au bout rester incompréhensible pour nous. ç’avait été d’abord la révélation brutale qui lui était venue du séchage de la peinture, et puis cette autre révélation formidable qui lui était venue du mensonge de l’une des deux manifestations Darzac! Bernier, dans l’interrogatoire que Rouletabille lui a fait subir avant le retour de l’homme qui a emporté le sac, a rapporté les paroles du mensonge de celui que tout le monde prend pour Darzac! Celui-là s’est éto

Mais que va-t-il faire?… Dévoiler tout de suite Larsan, qui, peut-être, va lui échapper? Apprendre du même coup à sa mère qu’elle est remariée à Larsan et qu’elle a aidé à tuer Darzac? Non! Non! Il a besoin de réfléchir, de savoir, de combiner!… Il veut agir à coup sûr! Il demande vingt-quatre heures!… Il assure la sécurité de la Dame en noir en la faisant habiter l’appartement de M. Stangerson et en lui faisant jurer en secret qu’elle ne sortira pas du château. Il trompe Larsan en lui faisant entendre qu’il croit «dur comme fer» à la culpabilité du vieux Bob. Et, comme Walter rentre au château avec le sac vide… Il lui reste un espoir… Celui que peut-être Darzac n’est pas mort!… Enfin, mort ou vivant, il court à sa recherche… De Darzac, il possède un revolver, celui qu’il a trouvé dans la Tour Carrée… revolver tout neuf, dont il a déjà remarqué le type chez un armurier de Menton… Il va chez cet armurier… il montre le revolver… il apprend que cette arme a été achetée la veille au matin par un homme dont on lui do

Et Rouletabille avait bien tout deviné. À la porte de la maison de santé, il se heurta à Brignolles. Alors, sans ménagement, il lui sauta à la gorge et le menaça de son revolver. Brignolles était lâche. Il cria à Rouletabille de l’épargner, que Darzac était vivant! Un quart d’heure après, Rouletabille savait tout. Mais le revolver n’avait point suffi, car Brignolles, qui détestait la mort, aimait la vie et tout ce qui rendait la vie aimable, en particulier l’argent. Rouletabille n’eut point de peine à le convaincre qu’il était perdu s’il ne trahissait Larsan, mais qu’il aurait beaucoup à gagner s’il aidait la famille Darzac à sortir de ce drame, sans scandale. Ils s’entendirent et tous deux rentrèrent dans la maison de santé où le directeur les reçut et écouta leurs discours avec une certaine stupeur qui se transforma bientôt en effroi, puis en une immense amabilité, laquelle se traduisait par la mise en liberté immédiate de Robert Darzac. Darzac, par une chance miraculeuse que j’ai déjà expliquée, souffrait à peine d’une blessure qui aurait pu être mortelle. Rouletabille, dans une joie folle, s’en empara et le ramena sur-le-champ à Menton. Je passe sur les effusions. On avait «semé» le Brignolles en lui do