Страница 33 из 39
Quand il se releva, il boitait et il eut le plus grand mal à rejoindre l’écurie.
– Pinocchio, reviens! On veut le petit âne! Pinocchio! Pinocchio! – hurlaient les enfants apitoyés par ce qu’ils venaient de voir.
Mais le petit âne ne revint pas.
Le lendemain matin, le vétérinaire, c’est à dire le médecin des animaux, déclara qu’il resterait estropié toute sa vie.
Alors le directeur du cirque appela son garçon d’écurie:
– Que veux-tu que je fasse d’un baudet boiteux? Ce serait le nourrir à perte. Emmène-le donc au marché et revends-le.
Arrivés sur la place du marché, ils trouvèrent tout de suite un acheteur:
– Combien cet âne boiteux?
– Vingt lires.
– Je t’en do
Je vous laisse imaginer, mes enfants, les sentiments du pauvre Pinocchio quand il entendit qu’il allait devenir un tambour!
Après avoir versé les vingt centimes, l’acheteur conduisit l’ânon jusqu’à un rocher qui surplombait la mer, lui suspendit une grosse pierre au cou, attacha une corde à l’une de ses pattes tout en gardant l’autre bout à la main et lui do
Avec ce poids autour du cou, Pinocchio coula tout au fond de la mer tandis que l’acheteur, tenant toujours l’autre extrémité de la corde, alla s’asseoir sur le rocher en attendant que l’âne ait tout le temps de se noyer pour qu’il puisse, ensuite, récupérer sa peau…
Chapitre 34
Il y avait presque une heure que l’âne était dans l’eau et son acquéreur se dit:
– Maintenant, il doit être tout à fait noyé. Remontons-le pour faire le tambour avec sa peau.
Il tira sur la corde qu’il avait attachée à l’une des pattes de l’âne, tira, tira, et vit affleurer à la surface de l’eau… vous savez quoi? Au lieu d’un petit âne mort, apparut une mario
Le pauvre homme crut rêver. Il resta là, abasourdi, la bouche grande ouverte et les yeux exorbités.
Revenu de sa stupeur, il balbutia:
– Et l’âne que j’ai jeté à la mer, où donc est-il?
– L’âne, c’est moi! – répondit la mario
– Toi?
– Moi!
– Dis, petit rigolo! Tu te moques de moi peut-être?
– Me moquer de vous? Pas du tout, mon maître! Je vous parle sérieusement.
– Mais enfin, comment as-tu fait pour devenir une mario
– C’est sans doute un effet de l’eau de mer. Parfois, la mer nous joue de ces tours…
– Ca suffit, la mario
– D’accord, mon maître. Vous voulez savoir exactement ce qui s’est passé? Dans ce cas, détachez-moi et je vous raconterai tout.
Désireux de comprendre quelque chose à cette histoire, l’acheteur défit le nœud de la corde et Pinocchio se retrouva libre comme l’air:
– Apprenez donc, mon maître, qu’avant de devenir un âne, j’étais une mario
– Eh oui! Malheureusement! Je t’ai même payé vingt centimes. Qui va me rendre mes vingt centimes maintenant?
– Vous m’avez même acheté pour fabriquer un tambour avec ma peau, n’est-ce pas? Un tambour!!
– Eh oui! Malheureusement! Où vais-je trouver une autre peau maintenant?
– Ne vous laissez pas aller au désespoir, mon maître. Des ânes, il y en a tant en ce monde…
– Dis-moi, petit impertinent, ton histoire s’arrête là?
– Pas tout à fait. Deux mots encore. Donc, après m’avoir acheté, vous m’avez conduit ici pour me tuer. Cédant à un sentiment de la plus grande humanité, vous avez préféré me mettre une pierre au cou et me jeter dans la mer. Cette délicatesse vous honore infiniment et je vous en serai éternellement reco
– C’est quoi cette Fée?
– Cette Fée, c’est ma maman. Elle est comme toutes les mamans qui aiment beaucoup leurs enfants, veillent sur eux et les secourent tendrement en cas de danger, même si ces enfants, par leur étourderie et leur comportement indélicat, mériteraient d’être abando
– Jamais plus je ne mangerai de poisson! – s’exclama, horrifié, le fabricant de tambour – J’aurais trop peur de trouver une queue d’âne dans le ventre d’une truite ou d’un merlan.
– Je suis bien d’accord avec vous – répondit la mario
– Je me moque de tout cela! – hurla l’acheteur fou de rage – Tout ce qui m’intéresse c’est que j’ai dépensé vingt centimes pour t’avoir et que je veux les récupérer. Sais-tu ce que je vais faire? Je vais retourner au marché et te revendre comme du bois sec pour allumer le feu de la cheminée.