Страница 13 из 39
Chapitre 17
Les médecins partis, la Fée se pencha sur Pinocchio. Lui touchant le front, elle se rendit compte qu’il avait une énorme fièvre.
Elle fit alors dissoudre une poudre blanche dans la moitié d’un verre d’eau et le tendit à la mario
– Bois cela et tu seras guéri en peu de temps.
Pinocchio regarda le verre, fit la moue et demanda d’une voix pleurnicharde:
– C’est sucré ou amer?
– Amer, mais cela te fera du bien.
– Si c’est amer, je n’en veux pas.
– Fais-moi confiance et bois!
– Je n’aime pas ce qui est amer.
– Bois, et quand tu auras bu, je te do
– Et où est-il ce morceau de sucre?
– Le voici – lui répondit la Fée en plongeant sa main dans un sucrier en or.
– Je veux d’abord le sucre, après je boirai cette chose amère.
– Tu me le promets?
– Oui…
La Fée lui do
– Ah si le sucre pouvait être un médicament, je me soignerais tous les jours!
– Maintenant, tiens ta promesse et bois un peu de cette eau qui va te remettre d’aplomb.
Pinocchio s’empara du verre à contrecœur, y fourra son nez, l’approcha de sa bouche, le renifla de nouveau et, finalement, a
– C’est trop amer! Trop amer! Je ne pourrai pas boire ça.
– Comment peux-tu le savoir puisque tu n’y a même pas goûté?
– Je l’imagine! Je l’ai senti à l’odeur. Je veux encore du sucre. Après, je boirai!
Avec la patience infinie d’une vraie maman, la Fée lui mit dans la bouche un autre morceau de sucre puis lui présenta une nouvelle fois le verre.
– Je ne peux pas boire dans ces conditions! – fit la mario
– Et pourquoi?
– Parce que cet oreiller, là, sur mes pieds, me gène.
La Fée ôta l’oreiller.
– C’était pas la peine! Même comme cela, je ne peux pas boire.
– Il y autre chose qui te gène?
– Oui, la porte qui est entr’ouverte.
La Fée alla fermer la porte.
– Finalement – cria Pinocchio qui éclata en sanglots – ce truc amer, je n’en veux pas, non, non et non!
– Tu le regretteras mon garçon.
– Ca m’est égal.
– C’est que tu es sérieusement malade.
– Ca m’est égal.
– En peu de temps, la fièvre peut te faire passer de vie à trépas.
– Ca m’est égal.
– Tu n’as pas peur de la mort?
– Pas du tout! Et puis, plutôt mourir que boire cette sale mixture.
A ce moment-là, la porte de la chambre s’ouvrit toute grande. Quatre lapins entrèrent. Ils étaient noirs comme de l’encre et portaient sur leurs épaules un petit cercueil.
– Qu’est-ce que vous me voulez? – hurla Pinocchio, effrayé, en se redressant sur son lit.
– On est venu te chercher – répondit le plus grand des lapins.
– Me chercher? Mais je ne suis pas encore mort!
– Pas encore, mais il ne te reste plus que quelques minutes à vivre puisque tu refuses de prendre le médicament pour combattre la fièvre!
– O Fée, ma bo
Pinocchio prit le verre à deux mains et le vida d’un trait.
– Dommage! – dirent les lapins – On a fait le voyage pour rien.
Remettant le cercueil sur leurs épaules, ils sortirent en grommelant De fait, quelques minutes plus tard, Pinocchio sautait de son lit, bel et bien guéri. Il faut savoir que les mario
Le voyant courir et s’ébattre à travers la pièce, vif et joyeux comme un jeune chiot, la Fée lui fit remarquer:
– Donc le médicament t’a vraiment fait du bien.
– Plus que du bien! Il m’a fait revivre!
– Alors pourquoi t’es-tu fait tant prier pour le boire?
– Nous, les enfants, sommes tous pareils! On craint plus les médicaments que la maladie.
– Mais c’est très mal! Les enfants devraient savoir qu’un bon médicament pris à temps peut les guérir, peut-être même les empêcher de mourir.
– Oh! Une autre fois, je ne me ferai pas prier! Je me souviendrai de ces lapins noirs portant un cercueil sur leurs épaules. J’attraperai tout de suite le verre, et hop!
– Bon, maintenant viens près de moi et raconte-moi comment tu t’es retrouvé entre les mains des brigands.
– Voilà: le montreur de mario
Ils ont fini par me rattraper et ils m’ont pendu par le cou à un arbre de ce bois en disant: «Nous reviendrons demain quand tu seras mort. Tu auras la bouche ouverte et nous n’aurons plus qu’à prendre les pièces que tu caches sous ta langue».