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D’en haut, je regardai derrière moi. À travers l’obscurité, je vis mes assaillants s’éparpiller de part et d’autre, le long de la digue. De toute évidence, la poursuite n’était pas terminée, et de nouveau je dus choisir une direction. Au-delà de la digue où je me trouvais s’étendait un espace sauvage et marécageux, très semblable à celui que j’avais traversé. Je décidai d’éviter un tel endroit et réfléchis pendant un instant si je remonterais ou descendrais la digue. Je crus entendre un bruit, le bruit étouffé d’une rame, aussi j’écoutai, puis criai.

Aucune réponse, mais le bruit cessa. Mes e

Et maintenant, derrière moi, en amont, le silence était rompu par le cliquetis rapide et le grincement des rames; mes e

Ma situation était maintenant vraiment désespérée, parce que mes e

C’était la première parole humaine que j’entendais depuis le début de cette chasse épouvantable, et, bien qu’elle fût riche de menaces et de dangers pour moi, j’éprouvai du plaisir, parce qu’elle rompait le silence terrible qui m’entourait et me terrifiait. Elle était le signe tangible que mes e

Mais maintenant que l’envoûtement du silence était rompu, les bruits arrivaient, sourds et rapides. Du bateau à la rive, et de la rive au bateau, des questions et des réponses furent échangées, rapidement, avec des chuchotements féroces. Je regardai en arrière, geste fatal s’il en fut, parce que à cet instant quelqu’un aperçut mon visage dont la blancheur tranchait sur l’eau sombre et cria. Des mains se tendirent dans ma direction, et presque aussitôt le bateau repartit et s’élança avec rapidité. Je n’avais que peu de distance à parcourir, mais le bateau approchait de plus en plus rapidement derrière moi. Quelques brasses supplémentaires et j’étais sur la rive. Mais je sentais le bateau arriver, et m’attendais à chaque seconde à ressentir le coup d’une rame ou d’une autre arme sur ma tête. Si je n’avais pas vu cette hache terrible disparaître dans l’eau, je ne crois pas que j’aurais gagné la rive. J’entendis les jurons lancés par les hommes qui ne ramaient pas, et l’essoufflement des rameurs. Après un suprême effort pour sauver ma vie ou ma liberté, je touchai la rive et l’escaladai. Il n’y avait pas une seule seconde à perdre, parce que, immédiatement derrière moi, le bateau abordait, et plusieurs formes sombres sautaient à ma poursuite. J’atteignis le sommet de la digue et, me dirigeant vers la gauche, continuai à courir. Le bateau s’élança et suivit dans la rivière. Je vis ce qui se passait, et craignant un danger dans cette direction, je fis rapidement demi-tour, descendis la digue de l’autre côté; après avoir dépassé une petite étendue marécageuse, je gagnai un endroit sauvage, ouvert et plat, et poursuivis ma course.

Toujours derrière moi, mes poursuivants me pourchassaient sans répit. Loin en avant, en dessous de moi, je vis cette même masse sombre que j’avais déjà aperçue, mais elle devenait maintenant plus proche et plus imposante. Mon cœur battit à tout rompre parce que je devinais que ce devait être le fort de Bicêtre, et reprenant courage, je continuai ma course. J’avais entendu dire qu’entre chacun des forts qui protègent Paris il existait des voies stratégiques, des tranchées creusées profondément, où les soldats qui se déplaçaient pouvaient s’abriter de l’e

Peu de temps après, j’arrivai au bord d’une tranchée profonde, et trouvai en dessous de moi une route protégée de chaque côté par un fossé empli d’eau, clôturé de part et d’autre par un mur haut et droit.