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Un jour, à la fin d’un bel après-midi dans les derniers jours du mois de septembre, j’entrai dans le saint des saints de la ville des ordures. L’endroit était évidemment le lieu de résidence de nombreux chiffo

Tandis que j’avançais, je vis derrière les tas d’ordures quelques silhouettes passer ici et là, de toute évidence regardant avec intérêt l’arrivée d’un étranger dans un tel endroit. Leur quartier était comme une petite Suisse, et, avançant en zigzaguant, je perdis de vue le sentier derrière moi.

Finalement, j’entrai dans ce qui semblait être une petite ville ou une communauté de chiffo

Quand j’eus avancé un peu plus avant, je vis, contournant l’angle d’un tas d’ordures à moitié achevé, assis sur un tas de paille, un vieux soldat au manteau râpé.

«Hé! me dis-je. La Ière République est bien représentée ici, avec ce militaire.»

Quand je passai devant le vieil homme, il ne me regarda même pas, mais il contempla le sol avec une insistance appuyée. De nouveau, je me dis à moi-même: «Tu vois le résultat d’une vie de guerre difficile. La curiosité de ce vieil homme appartient au passé.»

Néanmoins, quand j’eus fait quelques pas de plus, je me retournai soudainement, et je vis que sa curiosité ne s’était pas éteinte parce que le vétéran avait levé la tête et me regardait avec une expression bizarre. J’eus l’impression que c’était l’un des six notables de l’armoire. Quand il me vit le regarder, il laissa tomber sa tête; et, sans plus songer à lui, je continuai mon chemin, content qu’il existât une étrange similitude entre ces vieux soldats.

Un peu plus tard, d’une façon semblable, je rencontrai un autre vieux soldat. Lui non plus ne fit pas attention à moi quand je passai.

Le temps aidant, il commençait à se faire tard dans l’après-midi, et je commençai à songer à revenir sur mes pas. Aussi je fis demi-tour pour rentrer, mais je pus voir qu’un certain nombre de sentiers passaient entre les différents tas, et je ne sus avec certitude lequel prendre. Dans ma perplexité, je voulus m’adresser à quelqu’un pour lui demander mon chemin, mais je ne vis perso

J’atteignis mon but, parce que, après environ deux cents mètres, je vis devant moi une sorte de simple cabane semblable à celles que j’avais déjà vues, avec cependant pour différence que celle-ci n’était pas destinée à être habitée, car elle était faite simplement d’un toit et de trois murs, et elle était ouverte sur le devant. À l’évidence, tout me permettait de croire qu’il s’agissait d’un endroit où s’opérait le triage des ordures. À l’intérieur de la cabane se trouvait une vieille femme ridée et recroquevillée par l’âge; je m’approchai d’elle pour lui demander mon chemin.

Elle se leva quand je fus près d’elle, et je lui demandai mon chemin. Elle engagea immédiatement la conversation et il me vint à l’esprit qu’ici, au centre même du Royaume des Ordures, je pouvais recueillir des détails sur l’histoire du métier de chiffo

Je commençai mon enquête, et la vieille femme me do

– Mais M’sieur doit en avoir assez de rester debout?

Et elle épousseta un vieux tabouret branlant pour que je puisse m’asseoir. Cette idée ne me plaisait pas beaucoup pour plusieurs raisons; mais la pauvre vieille femme était tellement civile que je ne voulais pas risquer de la blesser en refusant, et, de plus, la conversation d’une perso

Tandis que nous parlions, un vieillard plus âgé, et même plus recroquevillé et plus ridé que la femme, apparut de derrière la cabane. «Voici Pierre, dit-elle. M’sieur peut entendre des histoires, maintenant, s’il le veut, parce que Pierre était partout, de la Bastille jusqu’à Waterloo.» Le vieil homme prit un autre tabouret à ma demande, et nous plongeâmes dans un océan de souvenirs sur la Révolution.

Ce vieil homme, bien qu’habillé comme un épouvantail, ressemblait à n’importe lequel des six autres vétérans.

À ce moment, j’étais assis au centre de la cabane, basse de plafond, avec la vieille femme à ma gauche et l’homme à ma droite; tous deux étaient assis à un pas devant moi, la pièce était remplie de toutes sortes d’objets curieux en bois et de beaucoup de choses dont j’aurais voulu être éloigné. Dans un coin se dressait un amas de chiffons que semblait vouloir abando